Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Dettes, impôts, inflation, financement des entreprises, croissance… : ce qui va changer au Cameroun en 2025

L’Etat camerounais va opérer un tour de vis supplémentaire dans nombre de secteurs névralgiques. Ce qui fait du prochain exercice, une année de soudure. Analyse.

Publiée lundi 28 octobre 2024 à 11:48:24Modifiée lundi 28 octobre 2024 à 11:48:27Temps de lecture 6 minPar Simon Pierre Mbarga

Le cap est fixé
Le cap est fixé

Les orientations de politique budgétaire contenues dans la circulaire présidentielle sur la préparation du budget 2025 signée le 23 octobre dernier, consacrent la priorité à la mobilisation optimale des recettes internes non pétrolières. Si les mesures nouvelles d'optimisation de la mobilisation des recettes internes doivent veiller à éviter « des distorsions économiques préjudiciables au développement et à la compétitivité des entreprises », reste que le gouvernement camerounais entend collecter davantage de ressources hors-pétrole et de services.

C’est ainsi que pour ce qui concerne par exemple la fiscalité locale, un dispositif réformé sera  mis en œuvre afin de rendre optimal le financement de la décentralisation. 2025 va également marquer la fin du régime préférentiel accordé aux produits de grande consommation imposés depuis 2016 au taux de 5%.   De fait, dans le cadre de la poursuite de la rationalisation de la dépense fiscale, l’on va instituer des taux d’imposition réduits sur certains biens de première nécessité contenus dans l’ordonnance présidentielle de 2008 qui exonère de taxes nombre de produits à l’instar du riz, des huiles végétales, des poissons, du blé, etc.

Coupes sur les exonérations fiscales

Lors de la conférence annuelle des services centraux et déconcentrés du ministère des Finances tenue le 29 janvier 2024, la direction générale des Impôts a révélé que pour rendre disponibles et à des prix abordables des produits tels que le riz, le gouvernement camerounais a dû concéder aux opérateurs économiques des filières riz, poisson et blé, une dépense fiscale globale de 980 milliards de FCFA entre 2016 à 2022.

Parce que ces produits grèvent la conduite efficace des politiques publiques notamment l’import-substitution, et surtout en raison du poids des sacrifices fiscaux consentis par l’Etat depuis 16 ans, le gouvernement camerounais avait depuis des années lancé la réflexion sur la réduction de ces dépenses fiscales, voire leur suppression au regard du volume des recettes auxquelles renonce le Trésor public chaque année, soit 140 milliards de FCFA pour ces trois produits seulement. Soit respectivement 52 milliards pour le riz, 30 milliards de FCFA pour le blé et 58 milliards de FCFA pour le poisson surgelé.

«L’accompagnement de la politique d’import-substitution voulue par le gouvernement impose que les exonérations sur certains produits, qui grèvent en balance commerciale et sont ciblés dans le cadre de cette politique, tels que le riz, le poisson et le blé, soient aujourd’hui réduites ou progressivement supprimées », indiquait Louis Paul Motaze, ministre des Finances, le 5 juillet 2022 lors du Débat d’orientation budgétaire à l’Assemblée nationale. Traduction : le riz, le poisson surgelé importé et le blé coûteront plus cher en 2025.

Nouvelles taxes

S’agissant du commerce en ligne, comme en 2023, l’Etat va poursuivre l’adaptation de la législation aux transactions électroniques. Selon la loi de finances de 2020, dont les dispositions sont reprises en 2023 et 2024, les plateformes de commerce électronique sont assujetties à la TVA ; ce qui implique une obligation de liquider, déclarer et de reverser la TVA sur les transactions numériques effectuées par les consommateurs camerounais. Mais au regard de la difficulté à tracer ces opérations et à identifier les opérateurs, le potentiel de cette niche fiscale reste inexploré.

Il en sera de même avec la fiscalité environnementale et le rendement de l'Impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP). Ces deux taxes seront renforcées afin qu’elles réalisent leur potentiel dès l’année prochaine.

En ce qui est des recettes non fiscales, outre l’élaboration d’un code dédié à cette catégorie de ressources, le prochain exercice verra une extension de son assiette. Ce qui sous-entend que l’on devrait s’attendre à de nouvelles taxes l’année prochaine. Les régies déjà opérationnelles feront l’objet d’un recensement question d’avoir de la lisibilité sur les projections de collecte dans ce segment où le potentiel est de 800 milliards de FCFA.

Dette et marché domestique : nouveau paradigme

En matière d’endettement, le gouvernement camerounais, s’agissant des financements bilatéraux et multilatéraux, accorde la priorité l’année prochaine aux emprunts concessionnels. Quant aux emprunts non-concessionnels, ceux-ci, souligne la circulaire présidentielle, ne seront uniquement contractés que pour financer des projets à forte rentabilité financière et socioéconomique, et pour lesquels les financements concessionnels ne sont pas disponibles.

Sur le marché financier, le gouvernement préconise l'approfondissement des marchés primaire et secondaire par l’élargissement de la base des investisseurs. Ce qui passe par le renforcement de la stratégie de communication afin de faire adhérer de nouveaux investisseurs résidents et non-résidents. Pour l’année prochaine priorité sera accordée aux émissions de titres publics de longue maturité dans l’optique de sauvegarder les intérêts de l'État.

L’on va également prioriser des émissions obligataires (obligations du trésor assimilables ou encore emprunts obligataires) pour le financement du budget afin de minimiser les risques liés aux taux, au refinancement et, l’on devrait aussi assurer le développement des produits financiers adaptés aux besoins du marché. Car, pour ce qui est Bons du Trésor assimilables, le gouvernement va jouer la carte de la prudence et réduire leur encours en cas de risque de refinancement élevé.

 Pour assurer une gestion active des instruments d'endettement, l’Etat camerounais va, à son tour, un peu comme l’ont déjà fait le Congo cette année et le Ghana il y a quelques mois, recourir aux rachats et aux rééchelonnements de sa dette sur le marché financier domestique. Car, il est question, selon les orientations globales de la circulaire présidentielle, de prévenir tout risque de défaut de paiement sur le marché de la dette domestique en améliorant la capacité de remboursement du gouvernement afin de bénéficier des conditions favorables pour l'émission de nouvelles dettes. Entre autre innovations en matière de dépenses, dès l’année prochaine, les entreprises publiques recevront les subventions étatiques au prorata de leurs performances et en tenant compte de leurs dépenses réelles et l’historique de leurs budgets antérieurs. Le gouvernement tentera aussi de rationaliser les dépenses courantes ainsi que les salaires.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
La suite après cette publicité
ecomatin magazine n3

EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici

  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Dettes, impôts, inflation, financement des entreprises, croissance… : ce qui va changer au Cameroun en 2025
detteInflationArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Capture d’écran 2026-06-25 à 09.25.48Politiques PubliquesGabon : l’État gèle les exonérations fiscales après 283 milliards FCFA de manque à gagnerLe gouvernement va parallèlement auditer les exonérations consenties depuis 2023, avant une révision des incitations prévues par la loi dans le budget 2027.il y a 21 heuresCHAD-POLITICS-PARLIAMENT-FEATUREPolitiques PubliquesTchad : les recettes publiques bondissent de 32 % au premier trimestre 2026L’amélioration repose notamment sur les impôts et recettes douanières, en hausse de 28,7 %, ainsi que sur les revenus pétroliers, qui ont gagné 26,4 milliards de FCFA en un an.il y a 23 heuresEpremiumBanguiPolitiques PubliquesRCA : les arriérés de dette grimpent à 173 milliards de FCFA à fin juinMalgré 20,5 milliards de FCFA consacrés au service de la dette au deuxième trimestre, les arriérés de la République centrafricaine ont augmenté de 4,65 % pour atteindre 172,91 milliards à fin juin 2026.il y a 1 jourImpots BONPolitiques PubliquesCameroun : le fisc menace de publier les noms des "hautes personnalités" qui n’ont pas déclaré leurs revenusHautes personnalités et salariés des secteurs public et parapublic retardataires sont sommés de régulariser leur déclaration annuelle d’IRPP. Le ministère des Finances leur accorde un ultime délai de sept jours avant le déclenchement des sanctions.il y a 2 joursEpremiumCAMEROON-NATURE-ANIMALPolitiques PubliquesLe Cameroun pourrait accroître son PIB de 10 % en valorisant ses forêts, selon la BADLes forêts camerounaises rendent un service économique qui n’est actuellement pas pleinement comptabilisé dans le PIB. il y a 2 joursDesign sans titre (41)Politiques PubliquesVisas étudiants : la France annule ses nouvelles exigences financières au CamerounContestées devant la justice française, les nouvelles conditions financières imposées aux étudiants camerounais pour obtenir un visa viennent d'être retirées.il y a 3 jours

Articles similaires

inflationConjonctureCameroun : l'inflation repasse au-dessus de la norme Cemac de 3 %Cette poussée est portée par les produits locaux, notamment agricoles, plutôt que par les biens importés.il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Visas étudiants : la France annule ses nouvelles exigences financières au Camerounil y a 3 jours2Le Cameroun perd une première bataille judiciaire contre Trafigura dans le litige sur la qualité du carburantil y a 5 jours3Cameroun : les banques dépassent pour la première fois les hydrocarbures dans la création de richesseil y a 1 semaine4Cameroun : comment un créancier de VOG a fini par prendre le contrôle du champ gazier de Logbabail y a 6 jours5Électricité : le Tchad enclenche le processus pour se connecter au réseau camerounaisil y a 1 semaine6Cameroun : le Cabinet Atou met aux enchères l’immeuble litigieux de Djeuga Palace à Doualail y a 1 jour7Une société liée à Baba Danpullo entre au capital d’AGL Cameroun avec 31 575 actionsil y a 2 jours8Cameroun : l’investissement privé atteint un record de 5 110 milliards de FCFA en 2025il y a 6 jours9Tchad : le nouveau Code du travail relève à 7 % l’indemnité de fin de CDDil y a 2 jours10Cameroun : 43 entreprises épinglées pour abandon de marchés publicsil y a 1 semaine
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.