Politiques Publiques

Développement durable : Le projet de bourse nationale des déchets sur la table du Premier ministre

Le projet repose sur la prise de conscience de l’urgence d’une nouvelle problématique de développement, qui s’appuie sur le fait que le déchet, matière première secondaire, génère des nouvelles ressources sur lesquelles peut s'appuyer une économie.

« Société privée relevant du Droit Ohada, avec un apport de l’Etat pour garantir sa crédibilité et son fonctionnement ». Voilà ce que l’on peut dire, pour le moment, à propos de la forme et la nature institutionnelle de la future bourse nationale des déchets. Intervenant au cours du Comité interministériel d’examen des programmes (CIEP) qui s’est tenu du 13 au 17 août 2018, le ministre de l’environnement de la Protection de la Nature et du Développement Durable (Minepded) a expliqué que c’est le consensus auquel le groupe de travail interministériel y relatif est parvenu. Créé le 26 décembre 2017 par un arrêté du Premier ministre, ce groupe de travail était chargé d’examiner les modalités de restructuration du système de collecte et de transformation des déchets dans les centres urbains.

Selon des sources proches du dossier, le projet de bourse nationale des déchets est désormais soumis à la sanction du Premier ministre, Chef du gouvernement. L’on indique ainsi du côté du Minepded qu’une réunion a eu lieu le 21 août 2018 dans les Services du Premier ministre pour finaliser le projet, avant la transmission du dossier à la « Très haute hiérarchie » [la présidence de la République, Ndlr]. La création d’une bourse nationale des déchets est la principale recommandation des premières assises nationales sur les déchets, tenues à Yaoundé du 27 au 28 avril 2016.

Protection de la nature

A la suite de ces assises, une concertation intersectorielle sur la création d’une bourse des déchets au Cameroun s’est tenue à Yaoundé le 11 août 2016. Présidée par le ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable, Pierre Hele, celle-ci a réuni plus de 100 participants venus d’administrations divers, des collectivités territoriales décentralisées et de la société civile, en vue de tracer les contours de cette bourse des déchets. Il s’agissait de mettre sur pied une plate-forme physique et électronique pour la collecte, la vente, l’achat et la transformation des déchets solides. Il était aussi question de créer un service de mise en ligne mettant en relation l’offre et la demande des déchets susceptibles d’être valorisés.

Une fois opérationnelle, le gouvernement espère que la future bourse nationale des déchets permettra de relever le niveau de collecte des déchets solides dans les villes et de générer des emplois pour les jeunes. Dans la ville de Yaoundé, seulement 30% des 1800 tonnes des déchets journaliers sont collectés. C’est donc une niche d’emplois pour de nombreux jeunes qui est ouverte à travers la collecte, la réutilisation, ou le recyclage de ces déchets. Plusieurs communes du Cameroun ont déjà dans ce sens formé des dizaines de jeunes à la transformation des emballages plastiques en pavés.

Par Ferdinand Sano

La Rédaction EcoMatin

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