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Dialogue public-privé : le Cameroon Business Forum annoncé le 5 juillet après 3 années d’hibernation

La 12e édition reportée sine die par le Premier ministre en raison de vives dissensions avec le Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam) est annoncée pour le 05 juillet prochain.

De sources bien informées, la 12e édition du Cameroon Business Forum (CBF) aura lieu le 05 juillet prochain à Douala. Ce mécanisme de dialogue public-privé mis en place en 2006 avec l’appui de la Société financière internationale (SFI) pour œuvrer à l’amélioration du climat des affaires est donc relancé après trois années d’hibernation. La 11e édition, celle du 22 octobre 2020, s’était tenue sur le thème « l’environnement des affaires à l’épreuve du Covid-19 » et avait le lieu de discussions sur les conséquences économiques des pandémies, l’impact du coronavirus sur les entreprises, les stratégies du secteur privé face à cette pandémie, les mesures d’accompagnement du gouvernement en matière fiscale et financière, etc. Au plus fort de la crise du coronavirus, en 2021, le secteur privé, dénonçant un manque de concertation dans l’organisation de l’événement, avait décliné l’invitation du gouvernement, obligeant le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, à le reporter sine die. Le Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), le plus important regroupement des patrons dans le pays, n’avait pas apprécié d’être saisi in extremis par le secrétaire général des services du Premier ministre, Séraphin Magloire Fouda, à l’effet de lui faire parvenir des propositions avant l’événement.

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Le président du Gicam, Célestin Tawamba, avait perçu cette attitude comme un rejet du plaidoyer du secteur privé en vue d’être associé à la préparation de cette rencontre dans le but d’en améliorer l’organisation. Ses pairs hommes d’affaires et lui n’avaient pas dès lors de garantie qu’ils allaient être écoutés au sujet de leurs proposition en vue d’une réforme du CBF. Difficile de savoir si pour l’édition annoncée dans un peu plus de deux semaines, des diligences ont été faites en amont dans le sens de l’implication du secteur privé. Juste sait-on qu’un courrier de la Primature a été déposé il y a quelques au Gicam qui confirme la tenue de la 12e édition du CBF. Concrètement, le Gicam propose que le CBF dont le niveau d’implémentation des recommandations est demeuré très faibles au fil des éditions, disparaisse pour laisser place à un nouveau cadre permanent de concertation de haut niveau entre l’Etat et le secteur privé, dénommé Cameroon Business Council (CBC). Ce devrait alors être une structure de dialogue public-privé « novatrice et efficace », placée, comme le CBF, sous l’autorité du chef du gouvernement. Elle devrait permettre de « mieux engager des réflexions sur l’environnement des affaires au sens complet du terme et sur l’investissement privé », explique-t-on depuis plus de deux ans au Gicam. Il s’agira d’une institution bipartite présidée par le Premier ministre et dont le président du Gicam serait le vice-président, logique de partenariat oblige.

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Feuille de route

Dans le détail, le CBC aurait pour missions le renforcement du dialogue entre l’Etat, le secteur privé et les investisseurs, afin d’identifier et de lever les blocages de toutes sortes, qui entachent et rendent dissuasif l’environnement des affaires ou freinent l’investissement privé au Cameroun. Le CBC serait doté de trois organes : le conseil de concertation, le comité technique et le secrétariat permanent. Organe d’orientation et de décision du CBC, le conseil de concertation serait composé du Premier ministre, du président du Gicam, du président et du vice-président du comité technique ainsi que du secrétaire permanent. Il se réunirait deux fois par an. Le comité technique, lui, serait l’organe de coordination technique et de gestion administrative et financière du CBC. Il se réunirait une fois par trimestre. Le secrétariat permanent, lui, serait l’instance d’animation des activités du CBC. Dans sa feuille de route, le CBC élaborerait et publierait au terme de chaque année, un rapport annuel des recommandations et perspectives relatives à l’amélioration du climat des affaires pour l’année suivante, mais aussi plus largement, des études, enquêtes, sondages, rapports et tous autres travaux relatifs au climat des affaires ou tous autres sujets connexes.

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En attendant l’aboutissement éventuel de cette réforme, la 12e édition du Cameroon Business Forum se tient dans un contexte de vives dissensions dans le Gicam, au sujet du traité de fusion de ce mouvement patronal et Entreprises du Cameroun (E.Cam), signé le 05 avril dernier entre Célestin Tawamba et Protais Ayangma Amang, qui dirigent respectivement les deux organisations. Une Assemblée générale du Gicam prévue le 11 juillet prochain validera ou non ce projet qui vise l’érection d’une centrale patronale « plus puissante ». Une partie des membres de groupement affiche énergiquement son opposition à un tel projet qui, d’après eux, consacrerait la disparition du nom et du label Gicam, au profit d’une nouvelle structure et d’une nouvelle dénomination. Cette tendance penche cependant pour l’absorption d’E.Cam dont la mission est plus axée dans la structuration des Pme par le Gicam. 

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