Visages de la semaine

Dieudonné Bougne, du pétrole au gisement de fer

A la faveur d’une convention qui vient de lui être signée par le ministre des Mines et du développement technologique, l’homme d’affaires entend investir 900 milliards FCFA pour exploiter le fer d’Akom II dans la Région du Sud.

La société anonyme de droit camerounais G-Stones Resources SA, représentée par Dieudonné Bougne, et le ministère des Mines, mandant de l’Etat, ont signé jeudi 14 novembre 2019, la convention d’exploitation minière du fer d’Akom II, dans la Région du Sud. La convention entre les deux parties prévoit l’exploitation sur près de 40 ans de ce gisement de fer. Selon les textes, cette exploitation devrait aboutir sur une production de 2 millions de tonnes de concentré de fer par an. Le tout pour une enveloppe globale de 1,5 milliard de dollars, soit environ 900 milliards de FCFA. A ce grand projet, se greffe la construction d’un complexe sidérurgique dans cette même localité. Lequel comprendra, entre autres, une unité d’enrichissement du fer.

Avec ce nouveau projet, Dieudonné Bougne, PDG du groupe Bocom Petroleum S.A deviendra le tout premier investisseur camerounais à développer la mine industrielle dans son pays. Aujourd’hui, l’homme d’affaires est l’un des industriels qui comptent dans le paysage économique camerounais. Sans diplôme universitaire, Dieudonné Bougne est l’un des précurseurs du green business et de la création des éco-entreprises au Cameroun et en Afrique centrale. Son empire pèse près de 150 milliards de FCFA du chiffre d’affaire et est en pleine expansion : transformation sur place des matières premières, distribution des produits pétroliers et divers, recyclage des plastiques et batteries usées, logistique et transport, bâtiments et travaux publics.

Petits pas vers l’émergence

A en croire l’homme d’affaires, il a connu une jeunesse très difficile, ce qui l’a d’ailleurs empêché de faire de longues études. « A 18 ans, j’assistais les ressortissants nigérians basés au Cameroun dans l’exploitation du sable. Pour un salaire de 200 FCFA par our, j’assurais le chargement et le déchargement des camions de sable. A dix-neuf ans, je deviens docker au port de Douala, malgré le fait d’être mineur. Mon salaire oscillait entre 30 000 FCFA et 60 000 FCFA », aime-t-il raconter.

Il ne se contente pas de ce salaire et engage des activités parallèles. Il se lance donc dans la couture et ouvre un atelier qui emploiera pas moins de 42 personnes ; le transport avec la gestion de plusieurs taxis, des camions bennes pour la commercialisation du sable ; et un moulin à écraser pour le maïs et la tomate. Toutes ces activités lui rapportaient, au bas mot, quelque 100 000 FCFA par jour, une petite fortune au Cameroun. Finalement, il laisse le métier de docker après 16 ans de services pour se lancer dans le business proprement dit.

Aidé de sa femme, il se lance alors dans l’import-export. Entre 1990 et 1992, elle effectue des voyages au Togo et au Bénin d’où elle ramène des marchandises « made in China » revendues sur le marché local. Puis, le couple décide d’aller à la source et effectue le premier voyage à Hong-Kong en 1994.

Il faudra par la suite attendre deux ans pour qu’il décide d’emprunter le chemin qui va le conduire sur le terrain de l’industrie. En 1996, il s’associe à un industriel camerounais pour la création de Bocam. L’entreprise est spécialisée dans le recyclage des huiles usagées : elle les récupère, les décante avant de les revendre. Mais suite à un différend, les deux partenaires se séparent et Dieudonné Bougne  crée Bocom International qui est devenue la grosse machine qu’on connait !

A 63 ans – il est né en 1956 à bansoa dans la région de l’Ouest – Dieudonné Bougne a décidé de franchir un autre cap en se lançant dans le secteur minier. Un domaine qui, selon les observateurs, n’est pas facile à conquérir au Cameroun, mais qui offre de réelles potentialités pour les investisseurs.

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