L’Union patronale et interprofessionnelle du Congo (Unicongo), principale organisation patronale du pays, s’est dotée d’un nouveau bureau. À l’issue d’une Assemblée générale extraordinaire tenue le 19 juin 2026, quatre membres ont été élus pour un mandat de quatre ans. Dans la foulée, Dieudonné Ndinga Moukala a été porté à la présidence de l’organisation, succédant à Michel Djombo, qui a quitté ses fonctions après sa nomination, le 24 avril dernier, au poste de ministre du Développement industriel, des Zones économiques spéciales et de la Promotion du secteur privé.
Une expertise diversifiée
Directeur général de la Mutuelle congolaise d’épargne et de crédit (Mucodec), Dieudonné Ndinga Moukala est économiste et financier de formation, diplômé en administration des entreprises et en techniques bancaires. Il dirige depuis plusieurs années le premier réseau de microfinance du Congo-Brazzaville, fondé en 1984, qui emploie près de 500 personnes. Fort d’une trentaine d’années d’expérience dans le secteur financier, dont 17 ans à des postes de direction, il entend mettre son expertise au service du secteur privé congolais.
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« À l’issue de notre assemblée générale élective tenue ce jour, 19 juin 2026, les membres m’ont accordé leur confiance pour conduire l’organisation. Mon bureau et moi recevons cette responsabilité avec humilité et le sens du devoir qu’elle impose », a-t-il déclaré sur ses plateformes numériques. Le nouveau bureau reflète une diversité de profils issus de secteurs clés de l’économie congolaise. Ancien trésorier d’Unicongo, Christophe Pujalte accède à la vice-présidence. Il est directeur régional d’Africa Global Logistics (AGL), groupe spécialisé dans les solutions de transport, de logistique et de gestion de la chaîne d’approvisionnement dans une quarantaine de pays africains.
Moïse Kokolo a également été élu vice-président. Il dirige Fridafrica, cabinet spécialisé dans le conseil fiscal, les audits et l’accompagnement juridique des entreprises, notamment dans les secteurs minier, pétrolier, bancaire et douanier. Enfin, Maître Bourgelie Ampion a été élue trésorière. Associée gérante du cabinet Lexa International Consulting Limited, présent notamment à Hong Kong, Brazzaville et Yaoundé, elle intervient dans le conseil juridique, fiscal et l’accompagnement de projets d’investissement. Créée en 1959, Unicongo fédère aujourd’hui plus de 400 entreprises et représente près de 70 % des sociétés formelles du pays, de la PME locale aux grands groupes internationaux. L’organisation se veut un interlocuteur privilégié des pouvoirs publics sur les questions liées au climat des affaires et au développement du secteur privé.
Un secteur privé confronté à de nombreux défis
Le nouveau bureau prend ses fonctions dans un contexte économique marqué par plusieurs difficultés structurelles. Selon une enquête de la Banque mondiale publiée en 2024, 41 % des entreprises congolaises considèrent l’accès au financement comme leur principal obstacle au développement. Dans le même temps, seules 62 % d’entre elles disposent d’un compte bancaire, contre une moyenne de 85 % en Afrique. Les banques ne financent par ailleurs que 2,2 % des projets d’investissement des entreprises au Congo, contre une moyenne continentale de 12 %, illustrant la faiblesse de l’intermédiation financière.
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L’accès à l’électricité constitue le deuxième frein majeur à l’activité économique. Près de 21 % des entreprises interrogées l’identifient comme un obstacle significatif, tandis que 77 % déclarent avoir subi des coupures d’électricité affectant leur production. À ces contraintes s’ajoutent la pression fiscale, la corruption et la concurrence de l’économie informelle. Dans son Rapport pays 2025, la Banque africaine de développement (BAD) souligne également qu’aucune entreprise congolaise n’est aujourd’hui cotée à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), un indicateur révélateur des limites du financement par le marché.
Avec ce quatuor aux compétences complémentaires, Unicongo entend renforcer son rôle de force de proposition auprès des pouvoirs publics. Son nouveau président hérite ainsi de la mission de porter la voix du secteur privé au moment où le gouvernement de Denis Sassou Nguesso ambitionne de redynamiser l’économie nationale et de porter la croissance au-delà de 4 % au cours des prochaines années, après une progression estimée à 3,8 % en 2025.
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