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Dragage du port de Douala : Samuel Ngondi Eboua et Idriss Beye prennent fonctions

Après plus de 20 ans de concession privée, le dragage du chenal du port de Douala-Bonaberi revient sous le giron national après les opérations effectuées par l'Office national des ports du Cameroun (Onpc) entre 1987 et 1997. Sur la table des deux nouveaux managers entrés en fonction ce 27 août 2020, un cahier de charges technique et commercial, rigoureusement encadrés par le PAD et le gouvernement camerounais.

Samuel Ngondi Eboua restera dans les annales de l’histoire du PAD, comme le tout premier Directeur délégué de la régie de dragage du port de Douala-Bonaberi. Il a officiellement été installé dans ses fonctions par Cyrus Ngo’o, le Directeur général du Port Autonome de Douala (PAD). Le nouveau manager sera assisté d’Idriss Beye, désigné au poste de Directeur délégué adjoint. C’est à l’issue de la 88ème session du conseil d’administration du PAD tenue le 25 juin 2020 que les deux personnalités ont été désignées. Dans un discours d’installation franc et sans équivoque, le Directeur général du PAD a été ferme sur les défis qui attendent les promus: «Vous êtes non seulement au service du Cameroun, mais également au service de la communauté maritime internationale, car, tout commandant de navire qui traverse sans écueil le chenal et accoste sur les quais du Wouri, repart avec une image positive et se fait l’ambassadeur du Cameroun auprès des armateurs qui n’hésitent pas de mettre le cap sur notre pays. Vous devez donc particulièrement veiller à cela », a précisé Cyrus Ngo’o.

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La feuille de route technique et commerciale du tandem Ngondi-Beye a ainsi été clairement définie. Sur le plan technique, il est attendu des directeurs délégués principaux et adjoint de la régie de dragage du port de Douala-Bonaberi, «le maintien du chenal à une profondeur de -7m du zéro hydrographique du chenal du port de Douala-Bonaberi, le rétablissement des profondeurs de conception aux différentes darses et pieds de quais, l’entretien des pieds de quai et des plans d’eau à la satisfaction des navires qui y accostent, la maintenance des équipements de dragage, la préservation de l’environnement lors des travaux de dragage, et la publication trimestrielle de la côte du chenal du port de Douala – Bonaberi».

Missions

D’après Cyrus Ngo’o, ces missions sont «l’essence même du service public portuaire de la régie de dragage, à exécuter de manière prioritaire et continue». Sur le plan commercial, le port autonome de Douala attend de Samuel Ngondi Eboua et Idriss Beye, «la valorisation commerciale des résidus des travaux portuaires du dragage, la commercialisation des prestations de dragage auprès des autres potentiels clients en vue de l’exploitation rationnelle et optimale des équipements, la création et la pérennisation  de nouvelles niches de recettes». Le Directeur général du PAD dit pouvoir compter sur «le professionnalisme, l’abnégation et dévouement» des dirigeants promus. Ce, afin qu’à partir du mois d’octobre 2020, explique Cyrus Ngo’o, «le dragage du chenal d’accès au port de Douala soit efficacement exécuté et maintenu à -7m, pour un coût moyen annuel maximal de 4 milliards de FCFA, pour l’évacuation de 3.200.000 m3 de sédiments». D’après les prévisions du port autonome de Douala, le gain moyen annuel de l’ensemble des activités de dragage du port de Douala-Bonaberi se situe à environ 10,4 milliards Fcfa sur l’entretien du chenal et de plans d’eau.

Profils

Pour accomplir leurs missions, le directeur délégué et le directeur délégué adjoint de la régie de dragage du port de Douala-Bonaberi disposent du soutien du gouvernement camerounais. Le PAD veut également mettre à profit la riche expérience professionnelle des deux nouveaux managers pour atteindre les objectifs assignés et les résultats escomptés par le gouvernement camerounais. Samuel Ngondi Eboua est diplômé de l’Ecole des hautes études commerciales de Liège en Belgique. Le natif de Nkongsamba a tour à tour été Attaché à la Direction commerciale de Cockerill Mechanical Industries à Liège en Belgique, Directeur d’exploitation de Press Union, Directeur de la communication et des stratégies commerciales au Pari mutuel urbain camerounais (Pmuc), Secrétaire général de la Fondation d’Entreprise Orange Cameroun, Directeur de la communication, puis Directeur des relations institutionnelles à Orange Cameroun.

Idriss Beye est un ingénieur polytechnicien, diplômé de l’Ecole nationale supérieure polytechnicienne de Yaoundé, promotion 2004-2009, option génie industriel. Originaire de la localité d’Akonolinga, Idriss Beye a débuté sa carrière au sein de l’entreprise Chococam comme Ingénieur de maintenance. Il sera par la suite intégré au ministère de l’Eau et de l’Energie où il exercera en qualité de cadre ingénieur dans différents projets énergétiques. Ses qualités lui vaudront d’être promu au poste de Chef de service de la production de l’électricité thermique dans le même département ministériel. Puis, comme sous – Directeur de la régulation de l’électricité, avant de rejoindre le PAD en qualité de Chef du Département du Dragage. Samuel Ngondi Eboua et Idriss Beye sont âgés respectivement de 62 et 37 ans.

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Réactions

Samuel Ngondi Eboua, Directeur délégué de la Régie de dragage du port de Douala

« Cette activité doit être efficace…. »

Je remercie le gouvernement camerounais, le Conseil d’administration et la Direction du Port Autonome de Douala d’avoir porté son choix sur ma modeste personne pour conduire le lancement des activités de la Régie de dragage du chenal du port de Douala. Au-delà de l’honneur qui m’est fait, je mesure le poids de la responsabilité qui est la mienne avec mes collaborateurs. Nous devons nous mobiliser pour conduire l’ensemble des ressources, notamment les ressources techniques et humaines qui doivent pouvoir partager la vision du gouvernement camerounais et pouvoir exécuter toutes les tâches qui seront les nôtres en vue de l’autonomisation du dragage. Notre objectif est clair : cette activité se doit d’être la plus efficace possible pour contribuer au développement du Cameroun à travers la performance du port autonome de Douala.

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«Nous devons vendre notre expertise…»

Idriss Beye, Directeur délégué adjoint de la Régie de dragage du port de Douala

Nous avons le devoir de maintenir en état de navigation tout le matériel qui nous a été confié. Il est vrai que nous sommes habitués à la tâche, mais les défis restent grands. Le port autonome de Douala a procédé à un recrutement très rigoureux de ressources humaines compétentes. Le personnel est qualifié. Nous bénéficions également de l’accompagnement technique du constructeur. L’autre défi c’est également de prouver aux autres pays de la sous-région Afrique centrale que nous avons l’expertise, nous avons la technologie et le savoir-faire pour le dragage. Le Cameroun à travers notre Régie doit également vendre ses services à l’extérieur.

Plus de 103 milliards de FCFA d’économie pour le Pad sur 15 ans

Le Directeur général du Port Autonome de Douala (PAD), Cyrus Ngo’o l’a d’emblée reconnu : « l’évolution croissante du poids de l’activité de dragage, telle qu’observée dans les charges d’exploitation du Port de Douala-Bonaberi, impacte négativement l’équilibre financier du port autonome de Douala ». Et ce, depuis une vingtaine d’années. Les opérations de dragage du port de Douala ont en effet coûté une enveloppe de 155,3 milliards FCFA au port autonome de Douala, en 15 ans d’activités. Soit une moyenne comptable de 10,4 milliards FCFA par an: « Cette situation a entraîné une flambée extraordinaire des coûts de dragage dont le caractère exorbitant et prohibitif est devenu une réelle préoccupation pour le gouvernement du fait d’une part, de l’impact négatif sur la trésorerie du port autonome de Douala, et d’autre part, des risques de gestion encourus par notre entreprise », constate le Directeur général du Port autonome de Douala.

De 1987 à 1997, le dragage du chenal d’accès du port de Douala était effectué par l’Office National des Ports du Cameroun (Onpc). En 10 ans, grâce à la drague « Youpwe », l’Onpc a procédé au dragage de 3.747.227 m3 de sédiments (416.359 m3 de sédiments par an) pour un montant global 2,8 milliards FCFA (319, 4 millions FCFA par an). De mai 1997 à juin 2000, l’entretien et l’approfondissement du chenal du port de Douala étaient exécutés par la Sdca, utilisant à la fois les drague Siegfried et Youpwe de l’Onpc. La Scda va ainsi draguer 4.446.575 m3 de sédiments en 3 ans, soit 1.482.192 m3 de sédiments annuellement, pour un montant de 8,2 milliards FCFA (dont 2,7 milliards FCFA déboursés par le PAD par an). 3.310.935 m3 et 4 milliards FCFA, ce sont respectivement les quantités de sédiments dragués annuellement par l’entreprise Boscampo et le montant dégagé par le PAD pour cette prestation qui a duré d’octobre 2000 à octobre 2006.

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Chec

Boscampo exécutera pour 13 mois supplémentaires, de février 2008 à mars 2009, les opérations d’entretien et d’approfondissement continus du chenal. Courte période soldée par l’extraction de 5.908.382 m3 de sédiments pour un montant de 11 milliards Fcfa. De juin 2009 à juin 2014, le concessionnaire Jan de Nul remplace Boscampo. En 5 ans, le port autonome de Douala a payé la somme de 58 milliards FCFA. L’entreprise chinoise Chec sera préférée de juin 2009 à 2020 à Jan de Nul pour le dragage du chenal du port de Douala à la côte. Chec réussira  à extraire successivement 6.400.000 m3 de sédiments d’août 2014 à août 2016, 8.313.600 m3 de novembre 2016 à novembre 2018, et 3.700.000 m3 de 2019 à mi-2020. La facture honorée par le port autonome de Douala s’est respectivement élevée aux sommes de 18,7 milliards FCFA, 20,7 milliards FCFA et 8,2 milliards FCFA.

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D’après le compte d’exploitation prévisionnel de l’activité du dragage en régie du port de Douala, le Port autonome de Douala de Douala déboursera la somme de 76 milliards de FCFA  de dépenses de dragage sur les 15 prochaines années. Par comparaison, sur les 15 dernières années, le Port autonome de Douala s’est acquitté d’une enveloppe globale de 179,68 milliards de FCFA de frais de dragage. Tout compte fait, l’autonomisation par régie permet au PAD de dégager une économie de 103,68 milliards de FCFA. «Cette économie nous permettra de développer notre port», s’est encore exprimé Cyrus Ngo’o.

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