Avec 2 498 milliards FCFA de transactions commerciales avec ses partenaires extérieurs, le Cameroun améliore le comportement de sa balance commerciale lourdement déficitaire de 35%. Ainsi, selon l’Institut national de la statistique (INS), la hausse des exportations du Cameroun en 2021 résulte de l’accroissement des volumes et des prix des principaux produits destinés à l’extérieur. En première ligne, les produits énergétiques dont le pétrole et le gaz naturel liquéfié.
S’agissant du pétrole brut, les exportations en valeur ont enregistré une hausse de 51,4%, malgré la baisse de 3,4% des volumes exportés. De même, les exportations en valeur de gaz naturel liquéfié (GNL) ont connu un accroissement de 28,7% malgré le recul des volumes exportés de 6%. « Ces performances sont notamment à mettre en relation avec la bonne tenue des cours de ces produits sur le marché international en 2021», relève l’INS.
Pour ce qui est des autres produits d’exportations, le pays a enregistré une hausse de 30,8% en valeur. Le coton, la pâte et le beurre de cacao, le bois et les ouvrages en bois, le caoutchouc, les fèves de cacao, la banane ont généré 1 279 milliards FCFA de recettes. Seulement, en dépit de ce contexte favorable, l’aluminium et le café ont connu des replis significatifs respectivement de -23,7% en volume et -24,5% en valeur ; et de -39,0% pour les deux variantes du café.
Les importations de biens et services ont crû de plus de 17% par rapport à 2020 et se sont établies à 3723,9 milliards de Fcfa. En cause, la reprise de l’activité économique au niveau mondial conjuguée à l’augmentation des prix de certains biens, ainsi que des coûts de transport notamment du fret maritime. Cette tendance haussière est perceptible depuis plus d’une dizaine d’années. Car, selon le ministère de l’Economie, «les données statistiques montrent que le déficit de la balance commerciale s’est renforcé en valeur, au cours des 10 dernières années, passant de 590 milliards en 2010 à 1 292 milliards en 2019 ». Et en 2021, le gap entre les exportations et les importations est de 1226 milliards de Fcfa.
«Il convient de préciser, pour le cas spécifique des produits alimentaires, que la facture de leur importation n’est pas en reste. En 2021, l’Etat a dépensé plus de 180 milliards de Fcfa pour l’importation du blé, soit une hausse de 30% par rapport à l’année précédente », poursuit-on au ministère de l’Economie. Au-delà de ce produit, les véhicules et autres engins roulants dédiés au transport des marchandises et des tracteurs ont fait grimper la facture à plus de 107 milliards, le riz, les ouvrages en fonte, le fer et l’acier utilisés par les industries métallurgiques et la construction ont également contribué à faire grimper la note des importations.
«A l’analyse, des principaux produits importés, il apparait que le Cameroun pourrait produire localement plusieurs de ces biens, et par conséquent réduire substantiellement sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur sur lesdits produits. A titre illustratif, il s’agit du poisson, dont les importations sont évaluées à 134,1 milliards; du riz qui a coûté 213,7 milliards; des huiles de palme brutes ou raffinées 52,7 milliards; des matières plastiques et caoutchouc (190,3 milliards, etc.», note l’INS.
Simon Pierre Mbarga

