A quelques jours de l’élection du prochain Directeur général de l’Agence pour la sécurité et la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna), prévue le 27 septembre prochain à Dakar au Sénégal, le Gabon intensifie ses efforts pour promouvoir la candidature de son ressortissant, Prosper Zo’o Minto’o. Parce que le Gabon est déterminé à rallier les soutiens nécessaires pour cette élection, le président de transition Brice Clotaire Oligui Nguema a dépêché une mission sur le terrain avec pour objectif de convaincre ses pairs de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) de réserver les voix de leurs pays respectifs à son candidat.
Après le Cameroun, la Guinée Equatoriale
Dans le cadre de cette offensive diplomatique, la mission dirigée par le ministre gabonais des Transports, Dieudonné Loïc Ndinga Moudouma qu’accompagne le candidat Prosper Zo’o Minto’o a fait un arrêt au Cameroun. Cette délégation a été reçue par le Premier ministre camerounais, Joseph Dion Ngute, au nom du président Paul Biya le 1’4 septembre dernier. L’objectif était clair : solliciter le soutien de la première économie de la région et par conséquent, espérer que les autres Etats pourront suivre. « Le Gabon a un candidat au poste de Directeur général de l'Asecna et avec les élections qui approchent, nous pensons que c'est le meilleur moment pour commencer avec le doyen de la région de l'Afrique centrale, Paul Biya, pour solliciter le soutien de Cameroun pour la candidature du Gabon aux élections », a déclaré le chef de la délégation gabonaise qui, deux semaines plus tôt, s'était rendue en Guinée Equatoriale, pour le même exercice.
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Lors de ces rencontres, Prosper Zo’o Minto’o a présenté sa feuille de route et ses objectifs pour l’Asecna, une organisation qui joue un rôle crucial dans la gestion du trafic aérien en Afrique. Actuel directeur du Bureau Afrique centrale et occidentale de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), le candidat gabonais met également en avant ses 34 ans d’expérience dans le domaine. Ce multi-diplômé de l’Ecole nationale supérieure d’ingénieurs (Gabon), de l’Institut national des sciences appliquées de Toulouse (France), de l’Ecole nationale de l’aviation civile de Toulouse (France), et de l’Université du système des Nations Unies de Turin (Italie), a tout du profil idéal selon les autorités gabonaises. « Le choix porté sur Prosper Zo’o Minto’o traduit le désir de repositionner le Gabon sur la scène internationale en matière de diplomatie agissante. (…) Auditeur du programme universel des audits de supervision de la sécurité, ayant une connaissance approfondie des enjeux de la sécurité aérienne en Afrique, Monsieur Zo’o Minto’o a su faire montre d’une gestion sans équivoque de projets complexes », lit-on sur le site internet de l’Agence nationale de l’aviation civile (Anac) du Gabon.
La Cemac divisée entre deux candidats
Cependant, la course à la direction de l’Asecna n’est pas sans tension. Parmi les candidats en lice, Prosper Zo’o Minto’o doit rivaliser avec un autre ressortissant de la Ceamc : le Tchadien Adoum Younousmi. Cette situation crée une division au sein de la sous-région, qui peine à s’accorder sur un candidat unique. Une division similaire avait déjà opposé ces pays en 2023 pour le contrôle de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), le régulateur du secteur bancaire dans la Cemac. Après avoir été renvoyés une première fois dos-à-dos, aucune des parties ne voulant faire de concession, la Conférence des chefs d’Etat de la Cemac avait finalement tranché en faveur du Congo (Secrétaire général) et du Gabon (Secrétaire général adjoint), au terme d’un « consensus », témoignant des difficultés récurrentes de la Cemac à faire front commun.
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Cette concurrence interne pourrait coûter cher à la sous-région. En présentant deux candidats, la Cemac risque de diluer ses votes et d’affaiblir ses chances d’obtenir le poste tant convoité, laissant ainsi la porte ouverte à des candidatures extérieures. D’autant plus que l’Asecna, créée en 1959 regroupe 19 États membres, dont 18 pays africains et la France. L’agence a pour mission de garantir la sécurité et l’efficacité des services de navigation aérienne, un enjeu stratégique pour le développement du transport aérien en Afrique. Le poste de Directeur général est donc extrêmement convoité, car il permet de piloter des initiatives clés pour la modernisation des infrastructures aériennes.

