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Elections, entreprises publiques… : les inquiétudes du gouvernement camerounais sur les projections budgétaires entre 2025-2027

En 2027, le Cameroun envisage de porter son taux de croissance à 4,7% contre 4,1% attendus cette année. Malgré ces perspectives optimistes, le ministère des Finances soulève les risques qui pourraient freiner l’atteinte des objectifs fixés.

Publiée mardi 22 octobre 2024 à 08:06:44Modifiée mardi 22 octobre 2024 à 08:06:46Temps de lecture 4 minPar Marius Zogo

Ministère camerounais des Finances

Les perspectives macroéconomiques du Cameroun sur la période 2025-2027 sont bonnes selon le Document de programmation économique et budgétaire élaboré par le ministère des Finances. La croissance économique partirait de 4,1% prévus à fin 2024 à 4,7% en 2027. Le pays n’aura certes pas effleuré le seuil de 8% prévu à l’horizon 2030 mais il aura avancé de 0,6% en trois ans. De l’autre côté, le taux d’inflation passerait de 7% prévus cette année pour respecter la norme Cemac (3%) en 2027. En dépit de cet optimisme, le gouvernement exprime des inquiétudes en soulevant les risques qui pourraient peser sur le budget et fragiliser par la même occasion l’économie.

Lire aussi : Le Cameroun prévoit 30 milliards de Fcfa pour booster le développement industriel

Import-substitution

Pour le ministère des Finances, la dynamique de la croissance projetée à moyen terme est adossée sur la réalisation de plusieurs projets gouvernementaux au rang desquels, le Plan intégré d’import substitution agropastoral et halieutique (Piisah) 2024-2026 annoncé par le chef de l'Etat Paul Biya le 31 décembre 2023. Sa principale mission est d’implémenter la politique de l’import-substitution afin d'assurer la sécurité alimentaire et de réduire les importations des biens (blé, maïs, poisson, riz, etc.). Classer ainsi ce programme triennal (dont le budget prévisionnel  est de 1 371,5 milliards de Fcfa) parmi les menaces aux objectifs fixés, serait une invite à son exécution effective.  

Dans la même veine, le document de programmation estime qu’un retard ou une « efficacité limitée » du Programme d’impulsion initiale (P2I) pourrait impacter les perspectives de croissance, par conséquent, les recettes fiscales pourtant projetées à 5 238,8 milliards de Fcfa en 2027 contre 3 998,7 milliards de Fcfa attendues 2024. Ce d’autant plus que, « l’adhésion sociale et l’impact des mesures fiscales pourraient être limités dans un contexte pré-électoral. Ce qui entraînerait des décalages dans les projections des recettes internes non pétrolières », prévoit le ministère des Finances.

Lire aussi : Cameroun : l’Etat veut créer un fonds de soutien de 150 milliards de Fcfa pour son plan d’import-substitution

En effet, le P2I entend booster la production industrielle à travers la fourniture des matières premières pour les industries. Il est axé sur 30 projets répertoriés dans le domaine des mines-métallurgie-sidérurgie, textile-confection-cuir, développement numérique, industrie de l’énergie, chimie-pharmacie, agro-alimentaire et hydrocarbures-raffinage-pétrochimie. « Les projets du P2I ont, pour la quasi-totalité, déjà connu les études nécessaires pour la mise en œuvre et seront implémentés par des investisseurs privés et par certaines structures opérationnelles de l’État », indique le ministère de l’Economie à moins de 3 ans de 2027.

Situation des entreprises publiques

L’autre facteur qui risquerait de menacer la réalisation des prévisions budgétaires au cours des trois prochaines années, c'est la dégradation de la situation financière de certaines entreprises sur secteur public et parapublic, apprend-t-on. La Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR) a relevé en 2022, une liste de près de 20 entreprises affichant un « risque d’endettement très élevé ». Il s’agissait par exemple de  Camtel, Sodecoton, Cicam, Sonara, Alucam, Camair-co, etc. Le document supra indiqué redoute également l’efficacité des mesures nouvelles instruites dans la loi de finances de chaque année avec pour cahier de charges de soutenir la mobilisation des recettes fiscalo-douanières.  Du reste, la faible mobilisation des appuis budgétaires (à l'instar des 241,1 milliards de Fcfa attendus du FMI en 2025, Ndlr) auprès des partenaires financiers du Cameroun, la liquidité du marché financier intérieur, la non-maîtrise des loyers dans le cadre des projets réalisés en mode Partenariat.

Lire aussi : Cameroun : le gouvernement a besoin de 1 371,5 milliards pour réaliser le plan triennal d’import-substitution intégré

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