Le gouvernement camerounais a déposé au Parlement un projet de loi modifiant l’article 170 du Code électoral afin de supprimer toute limite de durée à la prorogation du mandat des conseillers municipaux, ouvrant la voie à un nouveau report des élections locales et à leur probable couplage avec les législatives prévues en décembre. Selon l’exposé des motifs consulté par EcoMatin, l’exécutif estime que « les contraintes inhérentes à la mobilisation des ressources financières » ainsi que « l’organisation matérielle et logistique de ce scrutin » rendent nécessaire un nouveau report des municipales.
Le texte remanie l’article 170 du Code électoral, qui plafonnait jusqu’ici à 18 mois la prorogation du mandat des conseillers municipaux. Le nouvel article ne fixe plus aucun délai et habilite désormais le président de la République à proroger ou à abréger ce mandat par décret, après consultation du gouvernement et du bureau du Sénat. Au-delà des justifications budgétaires avancées, la réforme confère à l’exécutif une marge de manœuvre élargie sur le calendrier des élections locales.
Le mandat des conseillers municipaux, déjà prorogé de 15 mois en juillet 2024 jusqu’au 31 mai 2026, ne pouvait plus légalement être prolongé au-delà de trois mois supplémentaires sous le régime actuel. La réforme vise donc à lever ce verrou juridique. « Une seconde prorogation étant ainsi envisagée, celle-ci ne peut se faire qu’à travers la modification de l’article 170 du Code électoral », précise encore l’exposé des motifs.
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Cette initiative intervient moins de deux semaines après l’adoption d’une autre loi prorogeant le mandat des députés jusqu’au 20 décembre 2026. Ensemble, ces deux textes redessinent le calendrier politique de fin d’année et renforcent l’hypothèse d’un couplage entre législatives et municipales, pratique privilégiée au Cameroun depuis 2002.

