La Centrale électrique du Congo (CEC), le concessionnaire du service public de l'électricité dans le pays, prévoit d’étendre les capacités de sa centrale à gaz de 484 MW à 950 MW entre 2025 et 2028. « Notre stratégie à court terme vise à augmenter de 5 à 10 % la capacité de production chaque semestre pour répondre à la demande croissante », a indiqué Gianmaria Pozzoli, directeur général de la CEC. Ce projet, dont le lancement est prévu au second semestre 2025, devrait être financé par la Banque mondiale via le programme d’Appui à l’électrification du Congo, à hauteur de 100 millions USD (environ 57,4 milliards FCFA).
Ce financement -encore en cours de négociation- fait suite à un prêt similaire accordé par l'institution financière multilatérale en juin 2024. Outre l’installation d’une nouvelle turbine à gaz et de deux turbines à vapeur, la CEC souhaite moderniser ses équipements existants, renforcer son réseau de distribution et développer les compétences techniques de son personnel, en partenariat avec les opérateurs pétro-gaziers nationaux. « En tant que plus grand producteur d'électricité fournissant près de 70 % de l'électricité du Congo, il est crucial que tous les producteurs de gaz nationaux s’allient à ce projet et contribuent à répondre à la demande locale », a souligné le DG.
La CEC compte sur l’achèvement du projet Congo GNL (fin 2025) pour porter son approvisionnement en gaz de 2,8 à 3,8 millions de mètres cubes standard, permettant de produire 2,5 térawattheures (TWh) en 2025, après un record de 2,39 TWh en 2024. Dans un contexte de pertes record (60 % des 720 MW produits chaque année) et de réseau vétuste, cette extension marque la dernière tentative de résorption du déficit énergétique, après l’échec du barrage de Sounda (600 MW) et l’avortement de la privatisation partielle du secteur.
A noter que, l’ambition de doubler la capacité de production de la centrale à gaz de la CEC intervient dans un contexte où le pays perd plus de la moitié de l'énergie électrique produite selon les autorités. A elle seule, la centrale à gaz qui alimente les 2 métropoles (Pointe-Noire et Brazzaville) injecte dans le circuit électrique une puissance moyenne d'environ 272,82 MW sur l'année pour une capacité installée de 484 MW, soit 45% de l’énergie perdue dans un réseau de distribution mal entretenu. Ce projet d’expansion représente donc une nouvelle tentative du gouvernement de résorber le déficit énergétique après un lancement manqué des travaux de construction du barrage de Sounda (600 MW) et une privatisation avortée des segments de distribution et de commercialisation de l’électricité, boudée par les populations et le syndicat du secteur électrique.
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