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Electricité : Eneo dans la bataille du redressement

La trésorerie de l’entreprise continue d’être négative malgré un renflouement à plus de 12 milliards de FCFA sur les six premiers mois de 2020. Les marges d’exploitation avant impôt à fin juin ont été les plus faibles depuis 2015. Néanmoins, l’entreprise devrait boucler bientôt un emprunt de 100 milliards de FCFA. Ce qui lui donnera plus de flexibilité sur son plan d’investissement, et de bons augures pour son plan de redressement.

La trésorerie de l’entreprise continue d’être négative malgré un renflouement à plus de 12 milliards de FCFA sur les six premiers mois de 2020. Les marges d’exploitation avant impôt à fin juin ont été les plus faibles depuis 2015. Néanmoins, l’entreprise devrait boucler bientôt un emprunt de 100 milliards de FCFA. Ce qui lui donnera plus de flexibilité sur son plan d’investissement, et de bons augures pour son plan de redressement.

L’objectif visé par cette opération est de restaurer de l’équilibre dans ses comptes, investir sur sa croissance et répondre aux attentes de ses actionnaires, ainsi que de sa clientèle. En attendant, l’entreprise doit faire face à plusieurs défis urgents. Son premier semestre 2020 a été difficile, tout comme l’année 2019.

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Selon des sources proches de l’entreprise, son résultat net des 6 premiers mois de l’année 2020 s’est soldé par une perte comptable d’environ 4 milliards de FCFA.

Cette contreperformance dépasse de très loin la perte concédée tout au long de l’année 2019 et qui selon les mêmes sources est un peu au-dessus de 200 millions de FCFA. «A 4,8 milliards FCFA c’est-à-dire moins de 3% du chiffre d’affaires, les marges d’exploitation avant impôt du premier semestre de cette année ont été les plus faibles depuis l’année 2015», fait savoir une autre source qui suit les activités de l’entreprise. ENEO continue d’améliorer ses performances en termes de ventes et de chiffre d’affaires, malgré un contexte difficile et des fraudes massives.

Dans un récent rapport, l’entreprise assure que «le secteur (de l’énergie, ndlr) perd plusieurs dizaines de points de rendement dans ce fléau ». Les pertes de trésorerie sur l’ensemble du système électrique représentent plus de 60 milliards de FCFA par an. C’est largement plus du budget d’investissement d’Eneo pour 2020 (45,7 milliards), couvrant les besoins dans la production, la distribution, le commercial, et autres.

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C’est aussi l’équivalent d’au moins deux centrales solaires de 25 mégawatts, ou du raccordement au réseau électrique de plusieurs centaines de localités, ou encore plus de 1 800 000 nouveaux compteurs prépayés” écrit l’énergéticien.

S’agissant de son exploitation, des charges toujours élevées maintiennent les marges brutes de l’entreprise en dessous de 10% du chiffre d’affaires, contre plus de 15% pour les années 2016, 2017 et 2018. L’entreprise a aussi dû payer plus de dépense d’intérêts. Au total ce sont 5,8 milliards qui ont été affectés à cette dépense. Pour les trois années précédentes, les dépenses sur cet indicateur n’ont pas dépassé les 4 milliards de FCFA.

C’est dans ce contexte qu’ENEO a entrepris de relancer ses investissements. Il faut dire que les trois dernières années, elle ne pouvait pas pleinement le faire en raison d’une structure de capital plombée par les arriérés du gouvernement. Faute en effet pour l’Etat de payer sa dette vis-à-vis de l’énergéticien, ce dernier a vu ses créances à risque s’accroître, de même que le poids de sa dette sur ses fonds propres. Grâce à des concours bancaires, le gouvernement a déjà payé 45 milliards au titre de l’apurement de ce passif.

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Il serait aussi sur le point de régler une deuxième partie qui pourrait atteindre les 30 milliards de FCFA, selon les sources de EcoMatin. Ce geste du gouvernement doublé d’un engagement manifeste à soutenir le redressement de l’énergéticien lui ont valu de recevoir la confiance des banques locales qui sont prêtes à accompagner son plan quinquennal d’investissement d’un montant de 195 milliards de FCFA. ENEO prévoit de mobiliser le reste des financements sur ses fonds propres, mais aussi à travers les institutions de financement du développement, éventuellement la Société Financière Internationale ou le Proparco. Mais aucun montant n’est connu à propos de ces opérations, encore moins le timing de leurs réalisations.

Pour l’instant il faudra poursuivre avec le renforcement de la trésorerie de l’entreprise, qui continue d’être négative, malgré un renflouement à plus de 12 milliards de FCFA sur les 6 premiers mois de 2020.

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En effet, pour tenir durant les périodes où le gouvernement n’avait pas encore entamé l’apurement de sa dette, l’entreprise a dû recourir à des découverts bancaires pour faire face à ses charges, mais aussi refinancer sa dette auprès de certains bailleurs institutionnels. Une situation qui n’a pas dû rendre évidente un repositionnement rapide de la société. Pour 2020, ENEO s’attend à terminer sur une nouvelle perte qui pourrait dépasser les 6 milliards de FCFA.

Mais cette perte est stratégique, car elle permettra de repositionner le bilan de l’entreprise sur de meilleurs fondamentaux. L’entreprise aura ainsi payé l’essentiel de sa dette bancaire et fournisseur, ce qui améliorera la qualité de sa signature, et réduira le coût de la mobilisation des financements dont elle a besoin pour ses investissements. Jusqu’en 2025, elle espère ainsi stabiliser ses bénéfices nets autour de 32 milliards de FCFA en moyenne.

Avec l’emprunt qui est actuellement en cours, plus éventuellement un appui des bailleurs institutionnels, la société disposera d’un regain de trésorerie, ce qui lui donnera plus de flexibilité pour jouer pleinement son rôle. De ses investissements, elle espère accroître son parc de clientèle ce qui lui permettra de franchir le cap historique de 500 milliards de FCFA de chiffre d’affaires d’ici 4 ans.

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