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Elevage: Les bovins de 2 ans désormais commercialisables

Un décret présidentiel en date du 10 décembre ramène à 24 mois l’âge requis pour l’abattage des espèces bovines et leur mise en circulation comme bétail de boucherie. Une mesure qui semble satisfaire les acteurs de cette filière qui espèrent une plus grande disponibilité de la viande et un meilleur contrôle du marché.

Désormais, les amateurs de viande de bœuf au Cameroun pourront la déguster plus « jeune ». Le président de la République, Paul Biya, a en effet ramené de 4 à 2 ans l’âge requis pour abattre les espèces bovines dans le pays et les mettre dans le circuit de la consommation. Le décret présidentiel, signé le 10 décembre, modifie certaines dispositions de celui du 14 septembre 1976 portant réglementation de l’élevage, de la circulation et de l’exploitation du bétail en terre camerounaise.

En son article 17, le nouveau décret stipule que  « sont interdits l’abattage ou la mise en circulation comme bétail de boucherie, des animaux de l’espèce bovine âgé de moins de vingt-quatre mois ». C’est une modification importante puisque, jusqu’ici, l’interdiction d’abattage était portée sur les animaux d’espèce bovine de « moins de quatre ans pour les mâles et moins de dix ans pour les femelles ».


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Chez les bouchers, il s’agit d’une bonne nouvelle, dans la mesure où cette mesure présidentielle leur permettra d’avoir plus de quantités de viande à vendre « Nous aurons plus de viande de bœuf à notre disposition pour satisfaire les clients. Les éleveurs pourront nous approvisionner encore plus et nous pourrions ne pas connaitre des périodes où la viande est rare et donc plus chère », espère Issa, membre de l’Association des bouchers du Mfoundi, qui écoule une partie de sa viande au marché de Nsam.

Du côté des autorités, la mesure est salvatrice. « Ce décret vient lever certaines barrières et permet d’avoir plus de viande sur le marché. Les restrictions antérieures obligeaient en effet d’attendre un certain nombre d’années avant de pouvoir mettre un animal sur le marché. L’écart étant désormais réduit de moitié, l’approvisionnement sera plus soutenu », indique-t-on au ministère de l’Elevage, des pêches et de l’industrie animale (Minepia).

De plus, le dispositif de contrôle et d’inspection des animaux destinés à l’abattage devrait être renforcé. « Avec le décret du président de la république, ça nous permettra vraiment de booster l’abattage, de pallier aux problèmes qu’on connait partout, notamment le phénomène de l’abattage clandestin », a déclaré Dr. Aliou Hayatou, directeur de l’abattoir industriel et frigorifique de Ngaoundéré. En fait, l’on ne devra plus attendre quatre ans avant d’abattre un animal qui, avec les méthodes de l’élevage de 2e génération, est déjà mature à 3 ans et pèse plus de 500 kilogrammes.

Signalons que le récent décret indique toutefois que « les animaux de l’espèce bovine âgé de moins de vingt-quatre mois peuvent être admis en boucherie en cas d’accident, de stérilité ou de maladie estimée incurable, attestée par un certificat sanitaire délivré par un agent des services de l’élevage ». Il interdit enfin l’abattage de toute femelle gestante, qu’elle qu’en soit l’espèce.

La Rédaction EcoMatin

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