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Politiques Publiques

Élevage, pêche et pisciculture : le Cameroun exonère les taxes et droits de douanes sur 220 équipements pour 2 ans

A travers ces facilités, les pouvoirs publics comptent renforcer l’autosuffisance alimentaire. Cependant, des inquiétudes persistent sur l’utilisation à bon escient par les producteurs.

Publiée jeudi 21 mars 2024 à 16:00:25Modifiée jeudi 21 mars 2024 à 16:00:30Temps de lecture 6 minPar Marius Zogo

Louis Paul Motaze, ministre des Finances
Louis Paul Motaze, ministre des Finances

Près de 220. C’est le nombre total d’équipements et matériels piscicoles, de pêche et d’élevage qui vont bénéficier d’une exonération des taxes et droits de douanes jusqu’en décembre 2025. C’est la substance d’une circulaire du ministre des Finances (Minfi) Louis Paul Motaze signée le 13 mars 2024, prenant appui sur l’article 5 (3) de la loi de finances de l’Etat du Cameroun pour l'exercice budgétaire 2024. « Les équipements et matériels destinés à l'élevage, à la pêche et au développement de la pisciculture sont exonérés des droits et taxes de douane à l'importation, pour une période de vingt-quatre (24) mois, à compter du 1er janvier 2024 », lit-on. En accordant ces facilités douanières aux importateurs, le gouvernement entend ainsi « renforcer l’autosuffisance alimentaire ».

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Dans le détail, le membre du gouvernement distingue 04 grandes catégories dont les produits et/ou intrants seront exonérés des taxes. Il s’agit pour les citer, des équipements et matériels pour la pisciculture et la pêche où 67 produits sont concernés (équipements ou appareillage pour pompage et aération de l’eau à usage agricole, incubateurs, compteurs d’alevins, mobiliers d’écloseries, matériel de comptage et tri d’œuf de poisson, etc.). Pour ce qui est de l’élevage des bovins et caprins, 67 produits sont également affranchis des droits des taxes et droits de douanes. On peut énumérer dans la foulée : des cases à veaux, le chariot de traite, le kit d’insémination artificielle bovine, le broyeur de tige, les boucles d’identification des œufs.

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Au niveau de l’élevage de la volaille, 38 produits seront exemptés jusqu’à fin 2025 (abreuvoir poulet de production, couvoirs industriels complets neufs, mangeoires, plumeuses manuelles, batteries d’élevage…) Les équipements et matériels pour l’équipement des porcs ne sont pas en reste. Ici, 40 produits sont dispensés des taxes et droits de douanes. Il s’agit entre autres : des sondes d’insémination, des cages de contention, des microscopes, des sacs de collecte des semences, des produits pour le traitement de la semence. L’élevage des lapins ferme la queue de la liste avec 08 produits qui seront exonérés des taxes (caisses de transport des lapins, la cage de maternité pour lapins, etc.)

Les producteurs à rude épreuve

Dans un contexte d’implémentation du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah), l’Etat met ainsi les producteurs à rude épreuve moyennant ces allègements. Car, à travers ces exonérations, l’on devrait ressentir au bout de 2 ans, un relèvement considérable du niveau de la production du poisson, des œufs, du porc, du lait, de la volaille. Ce qui aurait un impact positif sur les prix pratiqués sur le marché. Concomitamment, cette embellie devrait logiquement induire une baisse d’importations de ces produits alimentaires qui aggravent le déficit de la balance commerciale du Cameroun chaque année.

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En termes de chiffres, la production de lait au Cameroun est ressortie à 110 374 tonnes en 2023, selon les données avancées par le Premier ministre Joseph Dion Ngute lors de la présentation du programme économique, financier, social et culturel du gouvernement pour 2024. Ce volume est 6 fois inférieur à la demande nationale de lait qui se situerait à 630 000 tonnes en 2025 d’après le Piisah. Quant au poisson, la demande en 2022 était estimée à 493 325 tonnes en 2023 alors que l’offre n’était que de 223 400 tonnes en 2021 soit moins de la moitié de la demande. La production de la viande de porc, de la volaille ou encore des œufs, n’est non plus satisfaisante du point de vue global.

Lire aussi : Cameroun : l’Etat veut créer un fonds de soutien de 150 milliards de Fcfa pour son plan d’import-substitution

Avertissement

Des observateurs avertis redoutent que de nombreux producteurs puissent utiliser les facilités accordées, pour développer leur business au détriment de l’objectif qui leur est assigné. Cet aspect de chose n’a pas échappé à Louis Paul Motaze au cours du lancement du budget 2024 à Maroua (Extrême-Nord) le 16 janvier 2024. « Il ne s’agit donc en aucun cas des mesures d’enrichissements des producteurs sans impact sur les prix ou encore de production à moindre coût pour une exportation illicite au profit des pays voisins sans approvisionnement du marché local au préalable », prévenait le membre du gouvernement. Par conséquent, avertit le Minfi dans sa circulaire du 13 mars, « toute utilisation tierce, sans régularisation préalable des droits et taxes de douane non acquittés lors de l’importation, est constitutive à l’infraction de détournement de destination privilégiée, prévue et sanctionnée conformément à la règlementation en vigueur ».  

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