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Emission des titres publics : Le Cameroun veut emprunter 200 milliards de F supplémentaires

Selon le décret y afférent qui a été signé par le président de la République le 23 août 2022, ces fonds sont destinés au financement des projets de développement.

L’Etat du Cameroun a besoin de nouveaux financements pour achever certains projets. Pour ce faire, le président de la République Paul Biya, dans un décret signé le 23 août 2022, autorise le ministre des finances « à recourir au nom du gouvernement, à des émissions de titres publics, notamment des obligations du trésor pour un montant supplémentaire maximum de 200 milliards de Fcfa, destiné au financement des projets de développement inscrits dans la loi n° 2022/011 du 14 juillet 2022 » peut-on lire dans le document.

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Ces nouveaux prêts que le Cameroun s’apprête à contracter vont certes alourdir la dette publique du pays, mais l’Etat y est contraint. En effet, celui-ci a besoin de ressources supplémentaires pour poursuivre l’exécution de certains de ses projets structurants, la mise en œuvre de sa coûteuse politique de subvention aux carburants, ainsi que l’apurement partiel de la dette due aux enseignants. En ce qui concerne ce dernier impératif, le gouvernement compte dépenser 31 milliards de F en 2022 pour satisfaire les revendications des enseignants. Alors que ceux-ci réclament, selon leurs syndicats, plus de 180 milliards de F à l’Etat. En mars dernier, il a procédé au versement intégral des salaires à 20 449 enseignants qui ne percevaient que 2/3 de leur salaire. 5 282 enseignants ont également reçu la prime de non-logement dont ils étaient privés.

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Aussi, relevons la crise Russo-Ukrainienne qui s’est écrasée sur l’économie camerounaise avec pour principales conséquences, la flambée des prix sur le marché national et international, et l’augmentation de l’assiette des subventions. Ces dernières s’élèvent actuellement, en ce qui concerne le carburant, à 480 milliards de F au lieu des 120 milliards de F prévus dans la loi de finances initiale de 2022. Pour le reste de l’année, elles devraient s’établir à 780 milliards de F selon les prévisions du gouvernement. La conséquence directe d’une augmentation du cours du baril de pétrole à l’international, qui est passé de 100 à 160 dollars. On parle également des coûts des importations qui ont presque doublés, voire triplés pour certains produits de grande consommation. Notamment le blé, dont la subvention s’élève à 5 milliards de F tous les mois depuis juillet 2022, à raison de 2 500 F le sac de 50kg.

Autant de situations qui ont même poussé le parlement à valider une loi rectificative en juin 2022, où le chef de l’Etat porte à 550 milliards de F le seuil d’endettement de l’Etat par émission de titres publics.

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