Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Banques et FinanceEecomembre

Emprunts obligataires : pourquoi le Gabon et la Bdeac sont en difficulté sur le marché financier de la Cemac

Le prolongement des souscriptions sur les emprunts obligataires de ces deux émetteurs de référence traduit à n’en point douter les difficultés qu’ils éprouvent actuellement à lever des fonds sur le marché domestique. De quoi doucher les espoirs des pays de la région qui ont prévu de lever d’importantes enveloppes cette année ?

Publiée mardi 16 avril 2024 à 16:23:09Modifiée mardi 16 avril 2024 à 16:23:14Temps de lecture 6 minPar EcoMatin

Le président de la Bdeac (à gauche) et le président de transition du Gabon (à droite)
Le président de la Bdeac (à gauche) et le président de transition du Gabon (à droite)

L’argent se fait rare sur le marché financier unifié de la Cemac en ce début d’année 2024. Pour illustration, la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (Bdeac) et l’État gabonais, qui sont pourtant des émetteurs de référence dans la région, ont dû prolonger les périodes de souscription sur leurs émissions obligataires respectives, faute d’avoir mobilisé la totalité de l’enveloppe sollicitée.

Prévue pour s’achever le 29 mars 2024, la période de souscription sur l’emprunt obligataire de 150 milliards de Fcfa de la République du Gabon dénommé « EOG 2024 A Tranches Multiples » a été repoussée d’un mois, soit le 29 avril 2024. Le Bdeac qui ne recherchait que la modeste somme de 50 milliards de Fcfa a également prolongé la période de souscription sur son opération censée s’achever le 22 mars dernier. Les deux émetteurs n’ont pas donné les raisons de ces prorogations qui, selon les experts du marché, traduisent tout simplement le fait qu’elles n’aient pas obtenu dans les délais impartis l’enveloppe qu’elles recherchaient et donc se donnent plus de temps pour tenter de convaincre les investisseurs.

Lire aussi : La Bdeac lance un emprunt obligataire de 50 milliards de Fcfa

C’est une première pour ces deux émetteurs qui, ces dernières années, avaient plutôt brillé par de la réussite sur le marché régional de la dette. Deux hypothèses peuvent permettre d’expliquer cette contre-performance. La première est le contexte actuel du marché marqué par un resserrement agressif de la politique monétaire par la Beac qui active tous les leviers pour ponctionner les excès de liquidités dans les coffres forts des banques. Après avoir relevé à plusieurs reprises ses taux directeurs, la Beac a suspendu ses injections de liquidités et renforcé ses offres de ponctionnement.

Bien plus, l’institution d’émission monétaire a introduit les Bons Beac qui sont des titres de créances émises sur une courte durée avec des niveaux de rendement assez intéressants. L’objectif pour étant de restreindre la création monétaire afin de réduire l’inflation qui se situe désormais au-dessus du seuil communautaire (3%). L’impact de cette décision sur le marché domestique est que les investisseurs ont de manière globale durci leurs conditions d’emprunts, rendant difficile l’accès aux financements. Interrogé sur ce contexte difficile, dans le cadre de son opération de roadshow en mars dernier à Yaoundé, le Président de la BDEAC Dieudonné Evou Mekou avait indiqué que son institution ferait recours au marché international pour lever les financements nécessaires à la mise en œuvre de son plan stratégique.

Lire aussi : Cemac : face à la frilosité des investisseurs, le Gabon prolonge les souscriptions sur son emprunt obligataire

Prises fermes modestes

L’autre hypothèse réside, selon un expert du marché, dans la difficulté des intermédiaires choisis à collecter les montants au titre des prises fermes. Il s’agit de montants garantis par les arrangeurs avant l’ouverture des souscriptions au grand public. Les prises fermes permettent à l’émetteur d’avoir la certitude que son opération atteindra un certain seuil de souscription. Il faut dire qu’à la différence des 3 années précédentes où elle confiait ses opérations de marché à des filiales de groupes bancaires (Société Générale, Bicec, SCB et BGFIBank) la Bdeac a innové cette année en portant le choix sur un trio inédit constitué essentiellement de sociétés de bourses indépendantes à savoir Contracturer Capital, L’Archer Capital et Elite Capital Securities.

« Le fait est que les filiales bancaires peuvent jouir de la trésorerie de leur maison mère et vous garantir une prise ferme importante même en cas d’incapacité de collecte auprès du grand public », souligne un expert. Or les sociétés de bourses dites indépendantes ne jouissent pas de la même surface financière et doivent s’adosser à des investisseurs institutionnels et surtout des banques qui sont pourtant leurs concurrentes sur le marché. On se souvient qu’en 2022, dans le cadre de son emprunt de 200 milliards de Fcfa, la Bdeac avait obtenu 180,5 milliards de Fcfa mobilisé par le consortium d’arrangeurs constitué essentiellement de filiales bancaires (Afriland Bourse, USCA, BGFI Bourse, Société Générale Securities et ASCA. 

Lire aussi : ESS Bourse et CBC Bourse désignées pour structurer l’emprunt obligataire à tranches multiples de 150 milliards de Fcfa du Gabon 

« Il faut savoir que nous sommes sur un marché peu profond où le grand public n’est pas assez réceptif aux opérations et où les banques se sont imposées comme des investisseurs de référence. Du coup ces dernières disposant elles même de filiales dédiées au marché éprouvent des difficultés à participer de manière optimale aux opérations de la concurrence ».

Risque de financement

Ce début d’année difficile sur le marché peut doucher les appétits des autres émetteurs et principalement les États de la Cemac qui prévoient lever d’importants montants sur le marché régional pour financer leur déficit de trésorerie. Le Gabon est le pays qui a exprimé le besoin le plus important soit 854 milliards sur le marché des titres publics et environ 450 milliards de Fcfa sur le marché financier. Le Cameroun a annoncé 854 milliards de Fcfa cette année contre 200 milliards pour la République centrafricaine.

Lire aussi : La Bdeac amorce le remboursement de son emprunt obligataire 2022 avec un paiement de  6,6 milliards de FCFA

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Banques et Finance
  • Emprunts obligataires : pourquoi le Gabon et la Bdeac sont en difficulté sur le marché financier de la Cemac
BEACBDEACcemacGabonArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

EpremiumbanqaBanques et FinanceCEMAC : les États accumulent 3,5 milliards FCFA d’impayés envers la BVMACLes États de la CEMAC continuent de solliciter la Bourse régionale pour lever des milliards auprès des investisseurs, mais certains peinent à régler les factures liées à leurs opérations. Ces impayés ont atteint 3,5 milliards de FCFA à fin septembre 2026. Une situation qui inquiète le conseil d'administration de la BVMAC.il y a 24 minutes1793087104238Banques et FinanceBVMAC : Renaprov Finance obtient le feu vert du conseil d’administration pour son entrée en BoursePrès de trois mois après avoir refusé son admission à la cote, la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) vient d’autoriser l’introduction de Renaprov Finance sur son compartiment réservé aux PME. L’établissement camerounais de microfinance, qui a déjà levé 1,09 milliard de FCFA auprès des investisseurs.il y a 41 minutesEpremiumBDEACBanques et FinanceLe bénéfice net de la BDEAC chute de 45 % au premier semestre 2026La banque de développement de la CEMAC traverse un premier semestre difficile. Mais l'institution basée à Brazzaville continue d'accroître ses financements, avec un portefeuille de crédits désormais porté à près de 700 milliards FCFA.il y a 2 heuresEpremiumimages (16)Banques et FinanceAfrique subsaharienne : Afreximbank perd du terrain dans la banque d’affaires face à Standard CharteredCes changements interviennent sur un marché en pleine croissance, où les banques ont engrangé 289 millions de dollars de commissions en six mois.il y a 4 heuresEpremiumCapture d’écran 2026-10-26 à 16.59.38Banques et FinanceUn cabinet français devance Forvis Mazars pour un contrat de formation à la BVMACLa Bourse régionale entend renforcer les compétences de ses équipes à travers un programme de formation financé par la BAD.il y a 20 heuresEpremiumCrédit bailBanques et FinanceCameroun : Elvis Berlin Mouafo élargit son empire commercial à la microfinanceDotée d'un capital de 1 milliard de FCFA, la nouvelle structure entend investir un marché camerounais de la microfinance déjà très concurrentiel, en proposant notamment des opérations de crédit-bail.​il y a 23 heures

Articles similaires

inflationConjonctureCEMAC : la BEAC redoute un retour de l'inflation au-dessus de 3 %Les tensions sur le transport maritime et le coût des importations figurent parmi les principaux facteurs de risque.il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Affaire Garoubé : la justice française maintient une saisie de 11,7 milliards FCFA contre l’État du Camerounil y a 6 jours2Cameroun : le patron de Gulfcam démissionne pour prendre la tête d'un distributeur pétrolier au Congoil y a 23 heures3Cameroun : le projet de brasserie Krieger Brewery franchit l’étape des audiences publiquesil y a 4 jours4Pétrole : la SNH impose aux futurs opérateurs de six blocs un minimum de 250 000 USD/an pour former les Camerounaisil y a 1 jour5Tchad : le groupe ivoirien AFG en passe de prendre le contrôle de la Banque de l’Habitatil y a 6 jours6Cameroun : le français Camusat lève 12 milliards FCFA auprès de deux banques locales pour ses infrastructures de télécomsil y a 1 semaine7Congo : l’État accorde dix ans d’avantages fiscaux et douaniers aux activités de Franprix à Brazzavilleil y a 4 jours8Abidjan, Lomé, Libreville… : Idrissa Nassa remanie les états-majors de Coris Bank en Afriqueil y a 4 jours9CEMAC : les capitaux étrangers reculent dans les banques, les nationaux contrôlent désormais 23 établissements sur 54il y a 6 jours10Guinée équatoriale : Tradex menacé de perdre ses réservoirs de stockage de carburantil y a 6 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.