Dans un document mis à jour en avril 2024, et émanant du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, il est révélé qu’au cours de l’année 2023, le Tchad a vendu plus de marchandises en France que l’Hexagone n’en a vendu à Ndjamena. Plus concrètement, les chiffres contenus dans ce document indiquent que vis-à-vis de la France, le pays de Toumaï affiche une balance commerciale excédentaire de 296,5 millions d’euros en 2023, soit 194,2 milliards de Fcfa. En effet, apprend-on, cette année-là, les exportations françaises vers le Tchad ont culminé à 76,7 milliards de Fcfa, alors que les importations de ce pays européen depuis le Tchad se situent à 413,7 millions d’euros (près de 270,9 milliards de Fcfa).
C’est la 4ème année d’affilée que l’Hexagone enregistre un solde commercial déficitaire vis-à-vis du Tchad. Ce déficit, apprend-on des chiffres de la douanes française, a évolué de 130,3 milliards de Fcfa en 2020 à 208,1 milliards de Fcfa au cours de l’année 2022, après s’être établi à 64 milliards de Fcfa en 2021. Au cours des cinq dernières années, ce n’est qu’en 2019 que le solde commercial entre les deux pays a été profitable à la France, de 8,3 milliards de Fcfa, révèlent les chiffres officiels.
Mais de façon plus globale, au cours de l’année 2023, les échanges commerciaux entre les deux pays (hors équipements militaires) sont ressortis à 530,8 millions d’euros, soit 347,6 milliards de Fcfa. En augmentation de 11% par rapport à l’année précédente, ces échanges ont surtout atteint leur niveau le plus élevé depuis l’année 2019, révèlent les chiffres tirés de la base de données de la douane française. En effet, en 2019, le commerce entre les deux pays affichait 159 millions d’euros d’échanges, soit environ 104 milliards de Fcfa, correspondant à moins du cinquième de l’enveloppe enregistrée en 2023.
Au cours de l’année 2020, malgré la pandémie du coronavirus qui va considérablement perturber le commerce international, les échanges commerciaux franco-tchadiens vont exploser pour se situer à 375,6 millions d’euros (246 milliards de Fcfa), avant de retomber à 239,6 millions d’euros en 2021, soit environ 157 milliards de Fcfa. En 2022, ces échanges font à nouveau exploser, atteignant cette fois-ci la barre de 477,2 millions d’euros. Ce qui correspond à une enveloppe de 312,5 milliards de Fcfa, soit un peu moins de 35 milliards de Fcfa par rapport au chiffre enregistré un an plus tard.
Un petit partenaire pour la France
Cependant, en dépit de la dynamique observée depuis l’année 2020, le Tchad reste un partenaire commercial marginal pour la France. « Le Tchad est le 88ème partenaire commercial de la France. Il est le 114ème client de la France, son 76ème fournisseur et son 48ème déficit. Il représente 0,020% des exportations de la France dans le monde. Au sein de la région Afrique-Océan indien, le pays est le 21ème client de la France, son 7ème fournisseur et son 4ème déficit. Il représente 1,07% des exportations dans la région », souligne le document du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères cité plus haut.
Selon la douane française, les exportations vers le Tchad sont largement dominées par les produits issus de l’industrie agroalimentaire. En 2023, par exemple, ils ont représenté 16,1% des exportations françaises vers ce pays de la Cemac, pour une valeur globale estimée à 12,4 milliards de Fcfa. La même année, la France a également vendu au Tchad des machines industrielles et agricoles (plus de 11 milliards de Fcfa en 2023), des produits pharmaceutiques (environ 10,6 milliards de Fcfa) et du matériel de transport (10,3 milliards de Fcfa).
De son côté, le Tchad a principalement vendu en France du pétrole brut et d’autres produits du secteur extractif. Ces produits ont constitué 96% des exportations tchadiennes vers la France, et ont rapporté au pays de Toumaï une enveloppe de recettes de plus de 260 milliards de Fcfa en 2023. Les produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture ont été vendus en France pour 10,4 milliards de Fcfa en 2023. Tandis que le cuir, les produits manufacturés, de l’habillement et du textile sont restés marginaux dans les exportations tchadiennes vers l’Hexagone.

