Conjoncture
A la Une

En 5 ans, le Cameroun a dépensé 761,2 milliards de Fcfa pour les importations de poissons

Au cours de cette période, ce sont au total 1.043.916 tonnes de poissons de mer congelés qui ont été importées par le pays. Des importations qui contribuent à plomber davantage le déficit de la balance commerciale.

Le poisson de mer congelé compte parmi les produits qui contribuent à aggraver le déficit de la balance commerciale du Cameroun. Pour l’exercice 2022 notamment, les importations de ce produit, chiffrées à 241 933 tonnes, ont coûté à l’Etat la somme de 202,6 milliards de Fcfa, soit 4,1% des importations globales du pays évaluées cette année à 4 911,3 milliards de Fcfa -en hausse de 27%. D’après la note sur le ‘‘Commerce extérieur du Cameroun en 2022’’, produite par l’Institut national de la statistique (INS), ces importations sont en hausse de 52 178 tonnes (+27,5%), par rapport à 2021, où elles se chiffraient à 189 755 tonnes pour une valeur de 134,3 milliards de Fcfa.

lire aussi : Riz, poissons, carburants : l’Etat affiche un manque à gagner de 155 milliards en 2022

Sur les 5 dernières années, les importations de ce produit de grande consommation connaissent des fluctuations dont le pic a été atteint en 2022 (241 933 tonnes importées, Ndlr). Ainsi, de 2018 à 2022, le Cameroun a importé 1.043.916 tonnes de poissons de mer congelés pour une valeur cumulée de 761,2 milliards de Fcfa. Ces importations se répartissent de la manière suivante : 225 294 tonnes d’une valeur de 154,6 milliards de Fcfa en 2018 ; 185 753 tonnes à raison de 132,2 milliards de Fcfa en 2019 ; 201 181 tonnes pour  137,5 milliards de Fcfa en 2020 ; 189 755 tonnes pour une valeur de 134,3 milliards de Fcfa en 2021. A l’observation de ces chiffres, seulement sur deux années on a importé moins de 200 000 tonnes de poissons –la moyenne sur ces 5 années évaluée à 208 783,2 tonnes-. Il s’agit de 2019 où la baisse enregistrée était de 39 541 tonnes (-17,5%) par rapport à 2018, et de 2021 ou elle (la baisse, ndlr) était de 11 426 tonnes (-5,6%) en glissement annuel.

lire aussi : Céréales, maïs, riz, poissons…: ces produits qui ont plombé la balance commerciale en 2021

Bien que le volume des importations soit en dents de scie, le choix des importations vise à combler la production nationale qui ne parvient toujours pas à satisfaire la demande nationale en poisson évaluée à 500 000 tonnes/an. Selon les données présentées par le Premier ministre, Dr Joseph Dion Ngute, lors de son passage devant les Parlementaires pour présenter le programme économique, financier, social et culturel du gouvernement en 2024, il a révélé que la production en poisson est évaluée à 150 186 tonnes en 2023, contre 145 621 tonnes en 2022, soit une hausse de 4 565 (+3,13%).

L’import-substitution en renfort

Pour réduire les importations en grand nombre, le gouvernement camerounais s’est doté d’une politique d’import-substitution depuis 2021. Sont concernés par celle-ci une vingtaine de produits parmi lesquels le poisson. Ainsi, ces dernières années, le gouvernement s’est engagé à déployer de nombreux programmes et à accorder des facilités aux exploitants de la filière poisson. Objectif : accroître la production locale et inverser la tendance des importations. Parmi ces facilités on peut citer le Programme d’appui au développement de l’entreprenariat aquacole (Pdea), lancé en mars 2022 et doté d’un financement de 21,3 milliards de FCFA pourvu par le Fonds international de développement agricole (Fida). On a aussi le Projet de promotion de l’entreprenariat aquacole (Ppea), qui a contribué à doubler la production aquacole camerounaise entre 2016 et 2019, passant de 5 000 à 10 000 tonnes par an.

lire aussi : Le Cameroun veut s’appuyer sur le Japon pour booster l’élevage des poissons en eaux douces

Cependant force est de constater qu’à date les multiples facilités et programmes déployés par l’Etat ne contribuent réellement pas encore à réduire la facture des importations de poissons qui va plutôt croissante. Dès lors, tous les regards sont désormais rivés vers Plan triennal d’import-substitution intégré (2024-2026) prescrit par le chef de l’Etat le 31 décembre 2023.

A LIRE AUSSI :

Afficher plus

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page