30 milliards de m3 de gaz à produire sur une période de 25 ans. Telle est la consistance du projet Bango Kayo, que la République du Congo se prépare à lancer en cette fin d’année 2024, selon Fabrice Okassa. Le Conseiller du ministre des hydrocarbures de la République du Congo, qui a révélé cette information le 3 octobre 2024 à Luanda, au cours de la conférence Angola Oil & Gas, souligne que le projet sera réalisé en partenariat avec la société chinoise Wing Wah Oil Company. Il s’agit d’une société de droit congolais, dont le capital est détenu à 85 % par le groupe chinois Southernpec. Cette entreprise présente au Congo depuis 2015 est déjà active dans l’exploitation pétrolière. Il est donc question d’étendre ses activités à l’exploitation du gaz.
« En trois phases, le projet augmentera progressivement la capacité de traitement et de valorisation du gaz, produisant du GNL (gaz naturel liquéfié), du butane et du propane, principalement pour le marché intérieur. Les produits excédentaires seront exportés dans la région. Le projet comprend le développement de trois trains. Le premier a une capacité d’un million de mètres cubes par jour (mcm/j), tandis que les deuxième et troisième trains auront une capacité de deux mcm/j chacun. Les deuxième et troisième trains devraient être mis en service respectivement en mars 2025 et en décembre 2025, ce qui portera la capacité totale du projet à cinq millions de mètres cubes par jour », explique la Chambre africaine de l’énergie (CAE), après une visite des installations de Wing Wah à Pointe-Noire, en juin 2024.
La Chambre note par ailleurs la particularité de ce projet, qui permet de récupérer le gaz généralement brûlé pendant l’exploitation pétrolière, pour finalement le monétiser. « La structure des installations a été planifiée de manière à privilégier l’efficacité, à réduire les émissions et à promouvoir l’évolutivité. Plus précisément, l’installation permet à Wing Wah d’exploiter le gaz non utilisé, qui aurait autrement été brûlé à la torche, offrant ainsi des possibilités de monétisation et d’utilisation du gaz tout au long du cycle de production du pétrole. Contrairement à l’infrastructure GNL -gaz naturel liquéfié- traditionnelle, qui est confrontée à des difficultés à mesure que les blocs arrivent à maturité et que les matières premières diminuent, la conception évolutive du projet de Wing Wah permet de maximiser la production, tant dans les blocs existants que dans les nouvelles concessions », explique la Chambre africaine de l’énergie.
Ce projet onshore (sur terre) vient s’ajouter à un premier projet offshore (en mer) portant sur la production du GNL à partir d’une unité flottante de liquéfaction (méthanier reconverti en usine de production). Porté par le groupe italien Eni, ce projet a permis à la République du Congo d’intégrer le cercle des producteurs de gaz naturel liquéfié depuis février 2024. Selon les prévisions de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), 796 800 tonnes de GNL sont attendues de cette unité flottante en 2024, permettant au Congo de s’adjuger 11,4 % de la production de GNL de la CEMAC cette année, contre 1% en 2022.
Avec l’entrée en production d’une deuxième unité flottante de liquéfaction du gaz naturel au large de Pointe-Noire, le groupe Eni annonce sur ses installations au Congo une production de 3 millions de tonnes de GNL chaque année (4,5 milliards de mètres cubes), à partir de l’année 2025. Une perspective qui, couplée au projet Bango Kayo de Wing Wah Oil Company, devrait permettre à Brazzaville de renforcer sa position sur le marché sous-régional du gaz naturel.

