Le Kenya a réussi, le 20 février dernier, une levée de fonds de 2,25 milliards de dollars sur le marché international de la dette à travers deux émissions d’euro-obligations. La plus grande économie d’Afrique de l’Est a en effet levé 900 millions de dollars via des obligations à sept ans à un rendement de 8,1 %, ainsi que 1,35 milliard de dollars supplémentaires à travers des obligations à 12 ans assorties d’un rendement de 8,95 %.
Avec cette opération, Nairobi porte à 5,95 milliards de dollars le montant total levé par les pays africains sur les marchés internationaux depuis le début de l’année 2026. Ce niveau constitue un record depuis 2013, année au cours de laquelle plus de 7 milliards de dollars avaient été mobilisés sur la même période, rapporte Bloomberg. À titre de comparaison, les émissions souveraines africaines n’avaient atteint que 1,8 milliard de dollars à la même période en 2025.
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Ce retour marqué des pays africains sur le marché international des euro-obligations s’explique en grande partie par l’amélioration des conditions financières globales et le regain d’appétit des investisseurs pour les actifs émergents. Selon JPMorgan Chase & Co., la prime de risque moyenne exigée sur les obligations souveraines africaines libellées en dollars s’est resserrée à 329 points de base au-dessus des bons du Trésor américain, son niveau le plus bas depuis huit ans. Cette détente traduit une baisse du coût d’emprunt pour les États africains, dans un contexte où les investisseurs, confrontés à des rendements plus limités sur les actifs américains, cherchent à diversifier leurs portefeuilles vers des marchés offrant des perspectives de rendement plus attractives.
Cette fenêtre d’opportunité a permis à plusieurs pays de lever des financements à des conditions plus favorables. La Côte d’Ivoire s’est notamment distinguée en mobilisant 1,3 milliard de dollars sur une maturité de 15 ans à un taux effectif de 5,39 % en euros après couverture de change, un niveau présenté par les autorités comme le plus bas obtenu par le pays — et même en Afrique subsaharienne — au cours des cinq dernières années. En Afrique centrale, le Cameroun et la République du Congo ont également réussi leurs émissions, bien qu’à des coûts plus élevés, respectivement 7,79 % et 9,5 %. Le Bénin, pour sa part, émis un sukuk souverain international de 500 millions de dollars, assorti d’un rendement compétitif de 6,2 % et arrivant à échéance en 2033.
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Ce regain d’activité reflète également une amélioration progressive de la perception du risque souverain africain. L’agence S&P Global Ratings a indiqué ce mois-ci que la qualité de crédit moyenne des États africains a atteint son niveau le plus élevé depuis fin 2020, soutenue par la mise en œuvre de réformes macroéconomiques et des perspectives de croissance plus robustes. L’agence souligne toutefois que le renforcement durable des fondamentaux budgétaires et extérieurs nécessitera du temps.
Dans ce contexte, plusieurs pays envisagent de nouvelles opérations sur les marchés internationaux. La République démocratique du Congo, premier producteur africain de cuivre, prépare notamment sa première émission obligataire internationale d’un montant de 750 millions de dollars.
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