Dans son rapport intitulé « Tirer le meilleur parti du capital naturel de la République centrafricaine pour favoriser son développement », publié récemment, la Banque africaine de développement classe la RCA parmi les pays à faible gouvernance économique. Cette faiblesse s’illustre notamment par la sous-exploitation du capital naturel, malgré un potentiel important.
Le secteur minier, et plus particulièrement la filière aurifère, reste dominé par une exploitation artisanale informelle, mal encadrée. La BAD dresse un constat sévère : en 2024, le secteur employait environ 307 000 personnes, mais les zones minières restent parmi les plus pauvres du pays, avec un taux de pauvreté estimé à 75 %. Résultat : la contribution du secteur aux finances publiques reste marginale. Les recettes issues des droits et taxes sur l’exportation de l’or se sont établies à seulement 400 millions FCFA en 2024, contre 900 millions FCFA en 2023. La contribution budgétaire globale du secteur aurifère s’est limitée à 306 millions FCFA.
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Cette situation vient renforcer les critiques portées depuis plusieurs années par les ONG et des responsables nationaux, dont Robert Moïdokana, ministre coordonnateur de l’ITIE, qui dénonçait en novembre 2024 le non-respect du Code minier par certaines sociétés russes, notamment celles opérant la mine de Ndassima sous le contrôle d’Africa Corps (ex-Wagner). Le Code minier en vigueur exige pourtant des entreprises une transparence totale : publication des contrats, des bénéficiaires effectifs, et des sources de financement.
La situation n’est guère plus reluisante dans le secteur forestier : moins de 5 milliards FCFA de recettes fiscales ont été perçues en 2023, malgré 42 milliards FCFA d’exportations. Là aussi, les flux illicites prolifèrent, alimentés par des groupes armés et des opérateurs non déclarés, souvent étrangers. Le système de taxation présente d'importantes lacunes, avec une base taxable déconnectée des valeurs réelles, ce qui favorise l’évasion fiscale et provoque la fermeture d'entreprises.
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L’agriculture, quant à elle, reste largement sous-exploitée malgré 15 millions d’hectares de terres arables et d’importantes ressources hydriques. Ce secteur contribue toutefois à 40 % du PIB et emploie environ 70 % de la population active, ce qui en fait un levier essentiel de transformation structurelle, selon la BAD.
Des pistes pour un développement durable
Pour convertir ce potentiel naturel en moteur de développement, la BAD recommande une stratégie d’industrialisation ciblée, appuyée par des incitations fiscales cohérentes, un cadre réglementaire stable, et une meilleure valorisation des services écosystémiques (carbone, biodiversité, etc.).
L’institution insiste enfin sur l’urgence de mettre en œuvre le Code minier adopté le 30 mai 2024, et d’assurer une exploitation durable des minerais critiques, ressources stratégiques pour l’avenir. À cet égard, la RCA projette d’exporter 3,7 tonnes d’or en 2025, en hausse de 109 % par rapport à l’année précédente. Il s’agirait de la meilleure performance depuis 2022, année où la production s’élevait à 2,2 tonnes.
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