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Farine de blé : les meuniers menacent à nouveau d’augmenter les prix malgré une subvention de 5 milliards

Ils disent ne pas percevoir les effets de cette subvention annoncée le 10 août dernier par le gouvernement et évaluée à 2500 FCFA par sac de farine, et évoquent une explosion des surcoûts liés à la production, dus à une conjugaison de facteurs exogènes.

L’on pourrait assister à une nouvelle augmentation des prix de la farine de blé sur le marché camerounais au cours des prochains jours. C’est ce que laisse transparaitre les acteurs de l’industrie meunière, non satisfaits par le train de mesures prises par le gouvernement depuis le début de l’année en cours pour tenter d’atténuer les effets de la conjoncture internationale, née de la crise sanitaire et du dérèglement climatique, aggravée par le conflit russo-ukrainien, qui ont provoqué une diminution substantielle de l’offre de blé sur le marché international. Le secrétaire général du Groupement des industries meunières du Cameroun (Gimc), Alfred Momo Ebongué, exprime clairement dans une note parvenue à notre rédaction, l’éventualité d’une nouvelle hausse des prix de la farine de blé, après celle de mars 2021, soit 2.000 FCFA en mars 2021, le prix de vente du sac de farine de 50 kg sortie usine étant passé de 17 000 à 19 000 FCFA ; puis en mars 2022, avec supplémentaire de 5000 FCFA sur le prix du sac de 50kg, lequel est passé de 19 000 à 24 000 FCFA, son prix actuel.

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La dernière hausse autorisée par le gouvernement intervenait à la suite d’un train de mesures adoptées en faveur de l’industrie meunière. Il s’agit de : la suspension de paiement de l’acompte de l’impôt sur les sociétés ; la suspension de paiement de la taxe sur le PECAE (Programme d’Evaluation de la Conformité des marchandises Avant Embarquement) pour le Cameroun ; et de la suspension de paiement de la redevance de pesage au Port Autonome de Douala. Pour autant, ces mesures n’ont pas permis aux acteurs de la filière de juguler le spectre de la pénurie, entretenue par les variations du marché international. « La rareté de l’offre et la poursuite des hostilités entre la Russie et l’Ukraine (respectivement 3ème et 8ème producteur mondial, 1er et 5ème exportateur mondial), auxquelles il faut ajouter les sanctions infligées par l’Union Européenne à la Russie (entre autres suspension de la plate-forme Swift) rendant impossible les paiements à destination de ce pays, ont été des facteurs favorables à la continuation de la hausse du prix du blé », explique Alfred Momo Ebongué.

Subvention de 5 milliards sans effets

En effet, depuis la fin du premier semestre 2022, le cours du blé à l’international a atteint, puis dépassé la barre historique de 500 euros/tonne, soit 327 975 FCFA/tonne. Les meuniers en subissent durement les effets avec cette envolée des coûts des matières premières. En plus, ils ne sont plus à même d’assurer leur solvabilité auprès des fournisseurs. Ils ont ensuite exploré l’hypothèse d’une nouvelle hausse au mois de juillet dernier, soit 4000 FCFA en plus sur le sac de farine de 50kg, qui passerait alors de 24 000 à 28 000 FCFA, à l’effet d’amortir les surcoûts de production. Dans la foulée, le ministre du Commerce a annoncé aux acteurs de la filière de la décision prise par le président de la République de leur verser une « compensation financière » des surcoûts. Cette annonce a alors « rendu caduque notre décision d’augmentation de prix », révèle le secrétaire générale du Gimc.

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Cette compensation traduite en une subvention de 5 milliards de FCFA, à raison de 2500 FCFA par sac de farine, et décidée par le gouvernement à l’insu des meuniers tarde cependant à être effective, le processus de mise en œuvre étant bloqué à hauteur du ministre des Finances Louis Paul Motaze chargé de son implémentation. « Le Ministre des Finances ne se rapprochant pas de nous pour les modalités pratiques de cette décision, nous avons demandé il y a déjà 25 jours à le rencontrer, notre demande n’a pas encore eu de suite », déplore Alfred Momo Ebongué. Les meuniers se plaignent en outre de ne pas percevoir les répercussions de cette subvention annoncée dans le cours de leurs activités, et agitent plus que jamais la menace d’une nouvelle hausse des prix de la farine de blé.

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