Les exportations de bananes du Cameroun ont atteint 17 618 tonnes en avril 2026, selon les données de l’Association bananière du Cameroun (Assobacam). Ce volume progresse légèrement de 2,1 % sur un an, mais recule fortement de 28,9 % par rapport aux 23 977 tonnes exportées en mars.
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Le ralentissement touche les trois principaux producteurs du pays. La Plantations du Haut Penja (PHP), filiale de la Compagnie Fruitière et leader du marché, a exporté 11 687 tonnes, en baisse de 34,5 % sur un mois. La Cameroon Development Corporation (CDC) a expédié 3 233 tonnes, soit un recul mensuel de 15,4 % et son plus faible niveau depuis dix mois. De son côté, la Compagnie des Bananes de Mondoni (CDBM), autre filiale de la Compagnie Fruitière arrivée sur le marché en 2023, a enregistré une baisse plus limitée de 2,4 % à 2 248 tonnes.
Défis agricoles et logistiques
Selon les experts de l’Assobacam, qui regroupe les principaux producteurs industriels du pays, ce ralentissement s’explique notamment par « des défis agricoles saisonniers ». Le cycle des plantations est marqué à cette période par une diminution du nombre de fleurs femelles produites, dont la maturation conditionne directement le volume de fruits disponibles à l’exportation. « La tendance baissière dans la filière se fait ressentir dès la récolte de février. Le nombre de fleurs produites diminue progressivement pour atteindre son niveau le plus bas en mai, avant de repartir à la hausse au mois de juin. […] Une faible fructification entraîne une récolte en baisse », explique-t-on au sein de l’Assobacam.
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La baisse des exportations de bananes camerounaises s’explique également par des contraintes logistiques accrues, notamment la hausse du prix du gasoil pour navires, qui renchérit les coûts du transport maritime et pèse désormais significativement sur les volumes exportés. « Bien que les expéditions s’effectuent majoritairement via une ligne directe Afrique–Europe depuis le Port de Douala, cette relative proximité n’immunise pas la filière contre les effets indirects des tensions géopolitiques actuelles, qui alimentent la volatilité des prix des carburants et perturbent les rotations des navires en provenance d’Amérique latine et d’Afrique », explique une source bien informée du secteur.
Sollicité sur la question, l’armateur en charge du transport des fruits et denrées périssables au port de Douala, Eolis, filiale du groupe Compagnie Fruitière, n’a pas souhaité s’exprimer.
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Pour rappel, la banane figure parmi les principaux produits agricoles d’exportation du Cameroun. Les recettes d’exportation de ce fruit ont quasiment doublé en 2025 pour atteindre 67,7 milliards de FCFA, malgré un volume de 218 518 tonnes en baisse de 10,2 %. Selon l’Institut national de la statistique (INS), l’Europe demeure la principale destination, avec la Belgique (environ 69 %), la France et le Royaume-Uni comme principaux marchés.
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