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Filière banane : prévision de baisse de 19.000 tonnes en 2019

En 2018, le Cameroun a exporté 210.947 tonnes de banane. L'Association bananière du Cameroun (Assobacam) annonce une production de 191.598 tonnes en 2019, soit une baisse de près de 20.000 tonnes par rapport à 2018. Joseph Owona Kono, le Secrétaire exécutif de l'interprofession bananière justifie cette baisse conjoncturelle.

Malgré l’optimisme dégagé par l’Honorable Joseph Owona Kono, le secrétaire exécutif de l’Association bananière du Cameroun (Assobacam), la filière banane reste dans une inquiétante zone de turbulence. Des problèmes structurels, techniques, financiers et malheureusement sécuritaires.  Les Plantations du Haut Penja (PHP), la Cameroon Development Corporation (CDC), Boh Plantations limited (Bpl), les trois producteurs encore actifs dans le Moungo et le Fako, affichent, après la fermeture en 2013, de la SPM, la Société des plantations du Moungo, une baisse régulière de production de banane: «malgré une relative augmentation des surfaces cultivées, le volume des exportations de bananes évolue en dents de scie depuis ces quatre dernières années», fait remarquer l’Honorable Joseph Owona Kono, lors d’une tournée dans les pôles de production des départements du Moungo dans le Littoral et du Fako dans la région du Sud-ouest. De 2015 à 2018, la production bananière des entreprises publiques et privées de ce secteur a baissé de 91.166 tonnes: 268.593 tonnes en 2014, 302.613 en 2015, 295.977 tonnes en 2016, 2017 avec 277.194 tonnes et 191.598 tonnes en 2018.


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Hormis la cessation d’activités de la SPM et de la CDC dont les dernières productions pointaient respectivement à 11.755 tonnes en 2013 et 33.953 tonnes en 2018, les causes de cette régression sont connues: «les modifications intervenues sur le marché européen, les exigences rigoureuses du marché en termes de qualité, les problèmes de trésorerie rencontrés par certains producteurs qui n’ont pas pu poursuivre leurs programmes d’investissements et dont la production n’a cessé de décroître, les aléas climatiques qui provoquent la perte de milliers de plants de bananiers», mais surtout, «la crise anglophone dans les régions du Sud-ouest et du Nord-ouest». Du fait de cette crise, la CDC a interrompu ses activités dans son pôle banane depuis juillet 2018. Les responsables de la CDC chiffrent à 32 milliards de FCFA, les pertes enregistrées depuis janvier 2019. A Boh plantation limited, entreprise créée en 2009 avec près de 1000 employés, la situation n’est guère reluisante. Son aire d’exploitation de Missaka, grande de 260 hectares, reste à portée des séparatistes anglophones.


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En réaction à cette conjoncture, l’Assobacam bénéficie heureusement de l’appui et de l’accompagnement du gouvernement camerounais et des partenaires extérieurs, l’Union Européenne notamment: «les actions soutenues par le gouvernement, non seulement au travers de l’engagement pris dans le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce), mais également dans la convention signée entre le gouvernement camerounais et l’Assobacam», explique  Joseph Owona Kono. L’Etat du Cameroun s’est en effet engagé à apporter son appui à la filière banane, ce qui permettra à l’inter-profession de respecter ses engagements de porter la production de banane à 500.000 tonnes par an. Par ailleurs, l’Union Européenne s’est engagée dans un accompagnement de la filière banane au Cameroun à travers une convention signée avec l’Etat du Cameroun pour une période d’exécution de 7 ans, avec un budget de 48.290.000 Euros. L’Assobacam prévoit pour l’année 2019, une production de 191.598 tonnes de banane. Des prévisions en baisse de 19.349 tonnes de banane par rapport à 2018 où la production de banane s’élevait à 210.947 tonnes.


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A titre de rappel, en 2015, le Cameroun avait atteint une production record de  278.450 tonnes, détrônant  la Côte d’Ivoire au rang de premier producteur de banane dans la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP. Leadership de courte durée car en 2016, la production nationale a de nouveau plongé, passant à 249.610 tonnes, soit une baisse de près de 30.000 tonnes. La banane est le troisième produit d’exportation du Cameroun, derrière le pétrole brut et le bois en grumes ou scié, mais devant le cacao et le coton. Le Cameroun s’est fixé comme objectif de porter la production de banane à  500.000 tonnes, horizon 2035.

La Rédaction EcoMatin

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