Au Cameroun, on n’avait plus quasiment de nouvelles du projet de création d’une zone économique spéciale (ZES) dans la région de l’Est depuis trois ans. L’idée avait pourtant germé le 2 mai 2021 lors d’une réunion entre les responsables du ministère des Mines, de l’industrie et du développement technologique (Minmidt) et les acteurs de la filière bois à Bertoua (capitale régionale de l’Est).
Avec l’appel d’offres du 12 juillet 2024 visant à recruter un prestataire en vue de réaliser l’étude de faisabilité du parc industriel à vocation Zone économique spéciale Bois dans cette partie du territoire, le projet se précise peu à peu. Cet appel d’offres restreint de Fuh Calistus Gentry, le ministre par intérim des Mines est consécutif à un appel à manifestation d’intérêt ayant permis de présélectionner trois entreprises : Ets Cosmos Inginering, Cresi Sarl et Polygone Sarl. Le cabinet retenu aura trois mois pour exécuter lesdites études pour un montant de 50 millions de Fcfa.
Booster la transformation du bois
Le décret N°2019/195 du 17 avril 2019 définit une zone économique comme un espace constitué d’un ou de plusieurs sites aménagés, viabilisés et dotés d’infrastructures en vue de permettre aux entités qui vont s’installer et produire les biens et les services dans les conditions optimales. Pour ce qui est de la filière bois, quatre sites ont été ciblés pour installer les unités de transformation dès janvier 2022. Il s’agit des villes d’Edéa (sur le site de l’ex Cellucam) , Douala, Kribi et Bertoua sur le site de la Magzi).
Le choix de Bertoua n’est donc pas fortuit car au regard de son potentiel forestier et de sa position géographique. « Bertoua bénéficie d’une position stratégique pour l’industrialisation du bois. Elle est frontalière avec la République Centrafricaine et le Congo Brazzaville, pays producteurs du bois en grumes, proche du chemin de fer qui part de Belabo à Douala et au cœur du massif forestier de l’Est», vantait en son temps, le défunt Minmidt, Gabriel Dodo Ndoké.
Lire aussi : Cameroun: 15,3 milliards de pertes annuelles avec l'interdiction du bois sous forme de grumes
En attendant sa matérialisation, il convient de remarquer que le projet refait surface au moment où le Cameroun au même titre que les autres pays de la Cemac (Tchad, Gabon, Congo, Guinée équatoriale, RCA) ont finalement convenu de l’interdiction d’exportation définitive des bois sous forme de grumes dès le 1er janvier 2028 ce, après plusieurs reports. Il fait également chemin avec la loi portant régime des forêts et de la faune qui vient d’être adoptée au Parlement et qui est porteuse de nombreuses réformes.
C’est dire que la réalisation des zones économiques spéciales, à l'instar de celle Bertoua, devrait booster la capacité de transformation qui oscille autour de 36% contre 64% pour les exportations. « Nos statistiques au ministère révèlent qu’en ce moment, nous disposons de 309 unités de transformation du bois opérationnelles sur l’ensemble du territoire. 145 se limitent à la 2ème transformation (bois hydraulique, assemblés, etc.) 46 (13%) se limitent à la 3ème transformation (pourtant la plus importante qui crée la richesse à savoir les contreplaqués, meubles et autres) », déplorait à la radio nationale en janvier dernier, Jules Doret Ndongo, le ministre des Forêts et de la faune.

