Au premier semestre 2025, les exportations camerounaises de la filière bois se sont établies à 100,3 milliards FCFA, contre 120,6 milliards FCFA sur la même période un an plus tôt, soit une baisse de 16,8% en glissement annuel. Selon la dernière Note de conjoncture économique du ministère des Finances (Minfi), cette contreperformance confirme l’entrée de la filière dans une phase de décélération marquée, après plusieurs années de tensions structurelles.
Ainsi, dans le détail, aucun segment n’est épargné. Les exportations de grumes ont reculé à 21,8 milliards FCFA au premier semestre 2025, contre 27,1 milliards FCFA un an plus tôt. Les bois sciés, piliers des ventes extérieures du secteur, ont généré 71,1 milliards FCFA, en baisse de 16% par rapport aux 84,7 milliards FCFA enregistrés au premier semestre 2024. Les feuilles de placage suivent la même trajectoire, avec des recettes ramenées de 8,8 à 7,4 milliards FCFA.
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Le ministère des Finances attribue cette contraction généralisée à une chute de la production de bois, estimée à 23,2% entre janvier et juin 2025, corrélée à la baisse des commandes sur les marchés extérieurs, dans un contexte international moins porteur, marqué par le ralentissement du secteur immobilier en Chine, la prudence des importateurs européens et la pression persistante sur les prix. Cette dynamique négative prolonge d’ailleurs une tendance déjà perceptible en 2024. Sur l’ensemble de l’année, le Cameroun avait certes exporté 1 412 124 tonnes de bois et produits dérivés, mais pour une valeur de 249,6 milliards FCFA seulement. Selon l’Institut national de la statistique (INS), si les volumes avaient progressé de 47 496 tonnes par rapport à 2023, les recettes, elles, avaient reculé de 13,5%. La filière illustrait ainsi un phénomène de décrochage prix-volume, réduisant sa contribution aux exportations nationales de 9,6% à 7,6% en un an.
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Mais au-delà de la conjoncture internationale, la contreperformance de 2025 met surtout en lumière les effets économiques du durcissement de la fiscalité forestière. Depuis plusieurs années, l’Etat camerounais a engagé une réforme profonde du cadre fiscal du secteur, dans la perspective de l’interdiction totale des exportations de grumes au sein de la CEMAC à l’horizon 2028. Entre 2017 et 2024, le droit de sortie sur les grumes est passé de 17,5% à 75% de la valeur FOB selon les essences, soit une hausse cumulée de plus de 329%.
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