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Filière cacao : les chocolatiers français accompagnent la labellisation de la fève camerounaise

En séjour dans le pays, une délégation de la Confédération des chocolatiers et de confiseurs de France s’est engagée à accompagner les cacaoculteurs camerounais afin qu’ils produisent des fèves de qualité pouvant produire du chocolat haut de gamme.

Conduite par Tanguy Roland, président honoraire de la Confédération des chocolatiers et confiseurs de France (CCCF), une délégation composée d’une vingtaine de membres de cette organisation a séjourné au Cameroun entre le 25 septembre et le 3 octobre 2018. Les chocolatiers français ont parcouru plusieurs bassins de production où ils ont touché du doigt les réalités de la production cacaoyère dans le pays. Ce que l’on peut principalement retenir de ce périple à travers les champs de cacao est qu’ils s’engagent à accompagner les cacaoculteurs camerounais à produire du cacao de qualité, qui pourra ensuite permettre de fabriquer du chocolat haut de gamme.

De manière concrète, cette visite marque une phase importante dans le processus de labellisation « pure origine » du cacao issu des centres d’excellence de traitement post-récolte que l’interprofession installe dans les bassins de production du pays. Les maîtres chocolatiers, en présence de l’ambassadeur de France au Cameroun, Gilles Thibault, ont en effet profité de ce séjour pour poursuivre les échanges avec le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC) afin d’accélérer les initiatives prises depuis 2017 pour un cacao équitable et l’amélioration des conditions de vie des planteurs camerounais. Depuis 2018 en effet, le label « Destination chocolatiers engagés » a été mis en place entre la CCCF et le CICC.

Le processus de labellisation permettra d’informer le public sur les propriétés et les qualités objectives du cacao camerounais. En relation avec l’interprofession, les coopératives seront accompagnées dans la production d’un cacao d’excellence, suivant un protocole technique précis. Les maîtres chocolatiers s’engagent quant à eux à acheter ce cacao de qualité à un prix minimum qui sera révisé chaque année par le CICC et la Confédération. Bien plus encore, il sera mis en place un système d’épargne salariale au profit des cultivateurs. Le Cameroun pour sa part s’engage à implémenter des centres d’excellence post-récolte, avec l’assistance technique de la CCCF, dans divers bassins de production.

Les chocolatiers et confiseurs français, accompagnés du ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, se sont d’ailleurs rendus à Zoétélé, dans la région du Sud, pour officialiser l’accord de parrainage entre Luc Dorin  chocolatier originaire de Bordeaux  et la Coopérative des jeunes du programme New generation dans cette localité. Situé plus précisément à Mbedoumou, ce centre s’étale sur une superficie globale de 40 mètres carrés. On y trouve des unités de fermentation, des serres de séchage et des unités de stockage. « Le centre d’excellence est extensible dans les prochaines années », a précisé Hermann Yanka, chef de projet. Il réunira toutes les conditions requises pour produire un bon cacao que le parrain s’est engagé à « promouvoir auprès des clients et des confrères ».

Dans ce processus de labellisation, les producteurs bénéficieront d’un accompagnement dans les méthodes de production, surtout en ce qui concerne les opérations post-récoltes qui vont de la récolte au stockage en passant par l’écabossage, la fermentation et le séchage. « La production de cacao camerounais bénéficie de l’influence de bons arbres, d’un bon terroir. Et s’il faut ajouter à cela de bonnes méthodes post-récoltes, cela permettra de produire du bon cru et donc de produire du chocolat exceptionnel », a encore souligné le président honoraire de la CCCF. Une exhortation appuyée par le président du CICC, Apollinaire Ngwe, qui a appelé les cacaoculteurs camerounais, notamment les jeunes de New generation, à respecter strictement les techniques post-récoltes afin de bénéficier plus grandement du fruit de leur labeur. Selon certaines indiscrétions, les chocolatiers et confiseurs français pourraient acheter le chocolat labélisé à des prix hautement compétitifs, qui devraient osciller entre 1 800 FCFA et 2 000 FCFA le kilogramme de fèves.

La Rédaction EcoMatin

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