50 tonnes. C’est la production camerounaise de noix de cajou en 2020. La production atteinte cette année était alors très loin des objectifs que s’était fixé le gouvernement en 2018. Ce en adoptant le document de stratégie de la filière anacarde pour la période 2019-2023 qui, avait pour vision de vendre sur le marché international 8 000 tonnes de noix de cajou et environ 400 tonnes d’amandes de cajou. Pour relever les activités de ce produit tropical introduit dans au Cameroun depuis 1970 (à la même période que la Côte d’Ivoire aujourd’hui le premier producteur mondial, Ndlr), le gouvernement vient d’adopter le document de développement des chaînes de valeurs de la filière anacarde pour la période 2024-2030. La cérémonie de remise officielle dudit document s’est tenue le 3 juillet 2024 à Yaoundé et était présidée par Gabriel Mbaïrobé, ministre de l’Agriculture et du développement rural (Minader).
Lire aussi : 63 milliards pour soutenir les filières lait, poisson et anacarde
De cette nouvelle stratégie de promotion de la noix de cajou au Cameroun, il ressort que le pays envisage booster sa production sur la période de déploiement. « La stratégie prévoit qu’à l’horizon 2030, le Cameroun puisse produire 50 000 tonnes de noix, se situant ainsi dans le top 10 des producteurs mondiaux de cajou et générée 50 milliards de Fcfa de revenus dans la zone couverte par cette filière.», fait savoir le Minader. Pour y parvenir, il est prévu que ce soit injecté la somme de 34,5 milliards de Fcfa au projet. Soit 19,7 milliards pour l’accroissement durable de la productivité de l'anacarde ; 10,2 milliards Fcfa pour le développement de la transformation de la noix de cajou ; 1,8 milliards pour le renforcement de la commercialisation de la noix de cajou et de ses produits dérivés et 2,6 milliards Fcfa pour l’amélioration de la Gouvernance et des capacités des acteurs dans la filière.
Lire aussi : Filière anacarde: 500 000 plants à mettre à la disposition des producteurs
Plusieurs objectifs sont alors attendus de cette nouvelle stratégie comprise dans la Stratégie de développement du secteur rural/plan d’investissement agricole (Sdsr/Pnia). « Il (le document de développement des chaînes de valeurs de la filière anacarde 2024-2030, Ndlr) apporte des ressources complémentaires aux populations rurales des zones soudano-sahéliennes et des zones de hautes savanes, permettant ainsi d’accéder au foncier. Il permet de restaurer les sols et d’arrêter la déforestation et aussi la création des emplois.», explique le ministre de l’Agriculture. Plus précisément il est question d’accroître durablement la productivité de l'anacarde ; développer la transformation du cajou ; renforcer la commercialisation du cajou et de ses produits dérivés ; améliorer la Gouvernance et les capacités des acteurs dans les chaînes de valeurs de la filière.
Lire aussi : Noix de cajou: une nouvelle stratégie pour relancer le secteur
A terme il est attendu de cette stratégie : une superficie couverte d'anacarde de 100 000 hectares ; 50 000 tonnes de cajou produites, 25 000 tonnes de cajou transformées, 2 500 tonnes d'amendes blanches vendues sur le marché international et 2500 tonnes d'amendes torréfiées vendues sur le marché national ; 6 zones de transformation aménagées ; 10 unités de transformation pilotes installées ; renforcement des compétences techniques des transformateurs. Indiquons par ailleurs que le nouveau document sur la filière anacarde remplace celui de la période 2019-2023, qui a été revu avec l’accompagnement de programme ABC-Pader co-financé par la GIZ et l’Union européenne.

