Au Cameroun, une nouvelle organisation professionnelle vient d’être créée dans le secteur agro-pastoral après la volaille. Il s’agit de l’interprofession porcine du Cameroun (Interporcam). Dans un contexte où le pays est engagé dans la politique d’import-substitution à travers l’accroissement de la productivité et la réduction des importations, les enjeux sont multiples tant pour les pouvoirs publics qu’en ce qui concerne les différents acteurs de la filière.
A la quête des facilités douanières
Le regroupement des éleveurs de porcs, vendeurs, naisseurs, engraisseurs, etc. autour d’une interprofession pourrait traduire le souci pour ces derniers à structurer la filière pour davantage bénéficier des facilités qu’accorde le gouvernement. A titre d’exemple, la loi de de finances 2024 stipule que « les équipements et matériels destinés à l’élevage, à la pêche et au développement de la pisciculture sont exonérés des droits et taxes de douane à l’importation, pour une période de vingt-quatre (24) mois, à compter du 1er janvier 2024 ».
Or, selon Yvette Fouda, présidente de l’interprofession porcine du Cameroun, l’une des difficultés est liée à l’accès à l’aliment notamment le maïs. En effet, le Cameroun est confronté depuis peu au problème de cherté du maïs ; matière première [actuellement vendu à 330 Fcfa le kilogramme contre 180 Fcfa il y’a quelques mois] qui d’après l’interprofession constitue 70% de l’alimentation du porc. L’enjeu est de stabiliser ces prix. « Quand c’est l'interprofession qui commande, les prix sont plus bas. Le même avantage s’observe aussi pour nos commandes à l’étranger où nous commandons la semence de porc car actuellement nous faisons des inséminations dans les fermes porcines », explique la présidente de Interporcam dans les colonnes du quotidien national Cameroon Tribune.
Inflation, peste porcine…
En supervisant cette initiative, le gouvernement vise à long terme, une baisse du prix du porc sur le marché, contribuant ainsi à la réduction du taux d’inflation qui s’accélère depuis 2022 (6,3%). Ceci dans la mesure où les acteurs devraient en principe ressentir les effets des allègements ou du moins, de l’accompagnement dont auront bénéficié les acteurs. A noter que le kilogramme de porc (troisième viande la plus consommée au Cameroun après la viande bovine et la volaille, Ndlr) est actuellement vendu à au moins 3 000 Fcfa.
De sources contactées au ministère des Pêches, de l’industrie et de la production animale (Minepia), « l’Etat ne produit pas et n’aura jamais une ferme porcine, c’est pour cela qu’il est normale que de gens s’organisent en interprofessions…L’Etat va va accorder des facilités dans tous les sens pour leur permettre d'être plus productifs qu’ils le souhaitent (subventions pouvoirs, taxes, infrastructures, les produits, etc.) ».
Du reste, une autre priorité est de professionnaliser la filière porcine qui regroupe moult métiers méconnus du grand public. Cette professionnalisation va permettre à travers la formation en biosécurité (ensemble des mesures d'hygiène à respecter, Ndlr) d’adresser au mieux le problème de la peste porcine qui a décimé 90 000 porcs en 2022 ce qui a eu un impact significatif sur la production établie 46 031 tonnes cette année-là contre 49 435 tonnes en 2023 pour une demande de plus de 50 000 tonnes.

