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Grand Dialogue National

Fin des concertations : les bons et les mauvais points des rencontres chez le Premier ministre

Si l’on peut apprécier l’adhésion populaire à la tenue de ce Dialogue et la volonté de faire des propositions, il y a tout de même lieu de déplorer certains manquements liés à la manipulation des finances et aux exigences de certains groupes sociopolitiques.

Publiée jeudi 26 septembre 2019 à 21:05:09Modifiée vendredi 3 mai 2024 à 10:56:59Temps de lecture 4 minPar EcoMatin

Exit les concertations relatives au déroulement du Grand Dialogue National. Au cours des deux semaines précédentes, Joseph Dion Ngute a reçu, dans ses services, des dizaines de délégations afin de recueillir les propositions pour la résolution de la crise dans les zones anglophones du Cameroun. Le rythme effréné de ces concertations a permis de peaufiner le cadre des assises prévues dès lundi 30 septembre 2019 au Palais des Congrès, sur les hauteurs de la colline Nkol Nyada. Au terme de ces concertations, des constats mitigés ont pu être relevés.

L’un des plus importants est que la quasi-totalité de la population, aussi bien les nationaux que les expatriés, a adhéré positivement à la tenue de ce Dialogue. Il était temps que le président de la République convoquât cet événement, après trois ans d’un conflit qui a déjà occasionné plus de 3 000 décès, des centaines de milliers de déplacés et de réfugiés, avec d’importants dégâts sur l’économie du pays.

L’annonce faite par Paul Biya le 10 septembre a donc suscité un engouement inédit au sein de l’opinion publique. Le ballet des délégations dans les services du Premier ministre à l’Immeuble Etoile de Yaoundé en est un indicateur majeur. Tout comme il a été apprécié la volonté manifeste du gouvernement d’associer toutes les composantes de la société camerounaise en retenant un échantillon très représentatif. Ce qui dévoile les perspectives d’un dialogue inclusif, comme l’ont souhaité, entre autres, la communauté internationale dans son ensemble.  

Outre cet engouement populaire et l’implication de l’ensemble des composantes sociales, il y a en bonne place l’adhésion de certains groupes qui semblaient jusque-là radicalement opposés au Dialogue. Samedi 21 septembre, par exemple, des chefs traditionnels de la région du Sud-ouest se sont prononcés sur la position de certains groupes armés, laquelle découlerait des consultations auprès de la base. Selon eux, ces groupes armés sont prêts à participer au dialogue, si leur intégrité physique est garantie. Et aussi, si tous les prisonniers de la crise sont libérés.

Points sombres  

Cette adhésion a cependant été entachée de plusieurs points noirs. Les exigences de certains groupes sociopolitiques comme préalables à leur participation constituent un obstacle. Grosso modo, et de ce qui a pu filtrer des rencontres tenues à huis clos, de nombreuses propositions se sont éloignées du sujet principal qui est le retour à la paix dans les régions du Nord-ouest et du Sud. L’on peut aussi regretter la décision d’une dizaine de groupes armés, qui refusent de participer aux assises, préférant constituer une plateforme politico-militaire unifiée en vue des négociations de la séparation avec la République du Cameroun.

Parmi les autres aspects ayant contribué à ternir l’image de ces consultations, il y a, en bonne place, la rocambolesque affaire des per diem octroyés à certaines délégations pour assurer leurs « frais de taxi ». La pratique est courante dans le pays, mais l’implémenter dans un moment aussi important de l’histoire du Cameroun pourrait laisser croire que beaucoup de personnalités et de participants y vont juste pour assurer « leurs parts ». L’on a semblé se focaliser sur les billets de banques qui circulaient, au lieu de penser à la résolution de la crise. Ce qui contribue à décrédibiliser l’ensemble du processus.

On peut enfin déplorer l’hyper représentativité du parti au pouvoir dans les délégations des régions qui sont allées rencontrer le Premier ministre. Cette coloration à un seul parti politique laisse à penser au sein de l’opinion que l’on s’achemine vers un monologue du Rdpc, mieux encore, à un « congrès extraordinaire » du parti de Paul Biya, comme certains le surnomment déjà. Quoi qu’il en soit, place maintenant au Grand Dialogue National.

 

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