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Financement : la banque agricole renvoyée aux calendes grecques

Le ministère des finances abandonne, pour «conjoncture difficile», le projet de création de cette institution dont la mise en place a été annoncée en janvier 2011 par le Président de la République, à l’occasion du comice agro-pastoral d’Ebolawa. Aucune date de reprise du projet n’a été avancée par le gouvernement.

La nouvelle est tombée comme un couperet. Le gouvernement camerounais se désengage de son projet de création d’une banque agricole au Cameroun. Au ministère des finances en charge de piloter le processus de mise en place de ladite banque, on parle sous cape d’une «suspension». Des sources dignes de foi au sein de ce département ministériel justifient  ce revirement par «une conjoncture économique difficile».

Annoncée en grande pompe par le Président de la République à l’occasion du Comice agro-pastoral d’Ebolawa en janvier 2011, l’idée de la création de la banque agricole camerounaise s’est lentement mais sûrement éloignée des objectifs du gouvernement. Objectif pourtant très attendue des millions d’agriculteurs nationaux. 13 millions de personnes vivraient dans les campagnes camerounaises, soit 70% de la population totale du pays. Paul Biya promettaient lors de son discours de campagne électorale de 2011 à Maroua, «une agriculture de seconde génération, moderne et mécanisée». Étaient attendus pour le lancement des activités de la Banque agricole, 10 milliards f.CFA de l’Etat du Cameroun, actionnaire unique, conformément aux dispositions communautaires de la Cobac, la Commission bancaire de l’Afrique centrale.

Les conséquences de ce volte-face du gouvernement camerounais seront certainement désastreuses pour la communauté agricole dont le taux d’accès aux financements reste très faible. Avec la suspension de ce processus, la liste des projets avortés en soutien au monde agricole se rallonge. Après le Fonader, le Cafruc, le Crédit agricole du Cameroun ou le Fogape, des institutions spécialisées dans le financement des projets agro-pastoraux. En réalité, la banque agricole dont l’Etat du Cameroun devait être le seul actionnaire, fait les frais des rigoureuses conditionnalités des institutions de Bretton Woods, le Fonds monétaire international (Fmi) notamment, signataire d’un programme de Facilité élargie de crédit de 370 milliards de f.CFA, de 2017 à 2019, avec le Cameroun. C’était déjà le cas lors des années 80 et 2000, lorsque l’économie camerounaise avait été mise sous ajustement structurel et plan d’austérité.

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