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Financement: les universités d’Etat et l’éternelle quête de l’autonomie financière

La tendance actuelle consiste à réduire la dépendance financière des universités vis-à-vis de l’État en les transformant en entreprises publiques qui recouvrent un pourcentage croissant de leurs coûts pendant le processus éducatif.

Selon le gouvernement, les objectifs stratégiques de l’enseignement supérieur sont la professionnalisation des enseignements ; la modernisation des établissements et facultés ; le développement de la recherche et de l’innovation dans les universités. Mais pour l’atteinte de ces objectifs, les universités d’Etat et, plus globalement, l’enseignement supérieur fait face à une insuffisance de moyens. En 2019, le budget alloué à l’enseignement supérieur est 55,952 milliards de FCFA contre 61,401 milliards en 2018 et 67,654 milliards en 2017. Globalement, une dotation de 40 milliards est mise à la disposition des universités d’Etat, dont 10 milliards pour l’amélioration des infrastructures et 30 milliards pour le fonctionnement.

D’une manière générale, l’enseignement supérieur recevra 1,15% du budget de l’Etat en 2019, contre 1,55% en 2017. En 2015, ce secteur a reçu 1,38% des ressources publiques, contre 1,49% en 2013 et 1,25% en 2011. Depuis l’année académique 1994-1995 où elle était de 2,4%, la part de l’enseignement supérieur n’a jamais plus atteint 2% du budget de l’État ; ce qui suggère que le financement de l’enseignement supérieur ne constitue pas vraiment une priorité de l’État, surtout si l’on tient compte de l’évolution des allocations dans d’autres secteurs d’activité couverts par le budget de l’État ou dans les pays de la sous-région Afrique centrale.


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Avant 1993, l’État était le seul pourvoyeur de fonds des institutions publiques d’enseignement supérieur. Mais depuis la réforme universitaire, il est demandé aux universités de générer des fonds pour leurs activités. A l’occasion de la clôture des troisièmes assises sur le cadrage académique de la professionnalisation des enseignements universitaires au Cameroun, le 20 avril 2018, le ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup), Jacques Fame Ndongo, a recommandé aux universités la mise en place des activités génératrices de revenus. «A la faculté des arts, lettres et sciences humaines, on peut procéder aux enseignements sur le cinéma, à la faculté des sciences, on peut fabriquer de l’alcool, l’azote…dans tous les établissements on peut fabriquer des produits qui sont immédiatement absorbés dans le circuit de produit», a suggéré Jacques Fame Ndongo.


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La Rédaction EcoMatin

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