Le week-end dernier dans la capitale marocaine, Khaled Shakshak, président de l'Organisation africaine des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (AFROSAI) , a signé un accord avec Zineb El Adaoui, présidente de la Cour des comptes du Maroc et secrétaire générale de l’organisation, scellant ainsi le transfert. Cette décision s’inscrit dans la mise en œuvre d’une résolution adoptée en décembre dernier lors de l’assemblée générale de l’organisation à Tripoli, en Libye. « L’objectif est d’accroître l’efficacité de l’organisation et d’améliorer la coordination entre ses membres », souligne un communiqué officiel.
Une relocalisation symbolique
Derrière cette justification institutionnelle, le départ de l’AFROSAI du Cameroun intervient dans un contexte marqué par des scandales financiers retentissants dans le pays hôte. De l’affaire dite « Cangate » à celle baptisée « Covidgate », les soupçons de mauvaise gestion des fonds publics n’ont cessé de fragiliser l’image du Cameroun sur la scène continentale. Dernier rebondissement en date : la Chambre des comptes a récemment annoncé l’ouverture prochaine de poursuites judiciaires contre plusieurs membres du gouvernement, liés à la gestion controversée des 180 milliards de FCFA mobilisés pour la lutte contre le Covid-19. Après trois audits non suivis d’effet, cette annonce a ravivé les tensions entre l’appareil judiciaire et l’exécutif camerounais. Dans ce climat, l’AFROSAI semble vouloir préserver son autonomie et son image, en se réinstallant dans un environnement perçu comme plus propice à ses missions de contrôle et de promotion de la bonne gouvernance.
La prochaine réunion du conseil exécutif de l’AFROSAI, prévue en juillet prochain à Rabat, devrait marquer une étape clé de cette transition institutionnelle. Cependant, cette relocalisation pourrait avoir un coût diplomatique pour le Cameroun. En perdant l’hébergement du siège, le pays pourrait voir son influence se réduire dans les futures orientations stratégiques de l’organisation, malgré son statut de membre. Ce transfert, qualifié de stratégique par les observateurs, ouvre une nouvelle ère pour l’AFROSAI. Il réaffirme la volonté de l’institution panafricaine de renforcer son indépendance, son efficacité et son impact dans la lutte contre la corruption à l’échelle continentale.
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