L'agence de notation Fitch Ratings a attribué le 09 juillet dernier la note « B », assortie d'une perspective négative, aux obligations à court terme en devises étrangères récemment émise par le Cameroun. Cette note reprend telle quelle celle déjà accordée au pays en avril dernier sur sa capacité à rembourser sa dette extérieure. Concrètement, « B » place le Cameroun dans la catégorie des emprunteurs à risque spéculatif : ni en défaut, ni sécurisé, mais surveillé de près par les créanciers. La perspective négative signifie que Fitch juge plus probable une dégradation qu'une amélioration dans les mois à venir.
L'instrument concerné est le prêt-relais de 200 millions d'euros, environ 131 milliards de F CFA, que le gouvernement cherche à mobiliser auprès d'une banque partenaire pour une durée de trois mois.
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Cette avance de trésorerie doit permettre à l'État de couvrir ses besoins immédiats, en attendant le décaissement d'un financement de long terme bien plus important : un prêt de 15 ans, avec cinq ans de différé, négocié auprès d'une institution multilatérale de développement dans le cadre du nouveau référentiel ESG (environnemental, social et de gouvernance) du pays. Le prêt-relais sera remboursé dès que ce financement principal sera disponible.
Pour les investisseurs, cette note fixe le niveau de risque auquel ils s'exposent en prêtant à court terme à l'État camerounais, et donc le taux d'intérêt qu'ils sont en droit d'exiger en contrepartie. Une perspective négative sur un instrument aussi courtermiste tend à renchérir le coût de cette avance de trésorerie.
Sur le fond, Fitch justifie sa prudence par des facteurs de gouvernance tels que "l'instabilité institutionnelle, application inégale de l'état de droit ou encore l'insécurité persistante dans certaines régions. Parmi les leviers susceptibles d'améliorer la note à l'avenir, l'agence cite noir sur blanc «la preuve d'une amélioration durable de la gestion des finances publiques, par exemple un renforcement des engagements et des contrôles de trésorerie, suffisant pour améliorer la confiance dans la capacité du Cameroun à prévenir l'accumulation d'arriérés extérieurs pour obtenir des financements extérieurs». Elle prévient cependant qu'aucune amélioration n'est attendue à court terme, tout en anticipant par ailleurs un recul de la dette publique du pays à 40,2 % du PIB d'ici 2027.

