L’agence de notation Fitch Ratings a confirmé la note de défaut à long terme en devises étrangères (IDR) de la Côte d’Ivoire à « BB- », assortie d’une perspective stable. Cette décision, rendue publique le 20 juin 2025 repose sur une évaluation globale, jugée « équilibrée », combinant de bonnes performances macroéconomiques et des défis structurels persistants. « La note « BB- » de la Côte d'Ivoire reflète une croissance forte, une gestion budgétaire saine et des politiques macroéconomiques solides, illustrées par un historique de faible inflation et soutenues par un engagement fort auprès du FMI », explique l’agence.
Ainsi, Fitch salue les efforts de consolidation budgétaire menés par le gouvernement ivoirien, bien que jugés encore « modestes ». En 2024, le déficit budgétaire s’est réduit à 4,0% du PIB contre 5,2 % en 2023, essentiellement grâce à la baisse des dépenses. Cependant, les recettes publiques (dons compris) n’ont progressé que marginalement, passant de 16,3% à 16,5% du PIB. Fitch reste toutefois optimiste et prévoit une poursuite de l’ajustement budgétaire, avec un déficit ramené à environ 3,0 % du PIB d’ici 2026, grâce à une amélioration des recettes fiscales et à la hausse des prix du cacao, dont les retombées budgétaires se feront sentir avec un certain délai.
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Mais tous ces bons points ne suffisent pas à dissiper les inquiétudes de l’agence de notation. Fitch pointe des facteurs de vulnérabilité, notamment la non atteinte des objectifs de mobilisation fiscale, en raison de retards dans l’application de certaines réformes, notamment celles portant sur l’impôt foncier et la traçabilité du tabac. Et aussi un endettement élevé. En 2024, le stock de dette s’est en effet hissé à 60% du PIB, un niveau supérieur à la médiane de 54% observée parmi les pays notés « BB ». Fitch table néanmoins sur une baisse progressive de ce ratio à 55,2% à l’horizon 2026, portée par une croissance nominale soutenue et la réduction du déficit. Par ailleurs, le ratio intérêts/recettes devrait également fléchir à 15,5% contre 16,2% actuellement, aidé par « une gestion proactive de la dette » et « l’assouplissement de la politique monétaire » de la BCEAO.
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Au-delà des considérations économiques, le climat politique est un autre motif de préoccupation. Désigné candidat à un quatrième mandat par son parti, le président sortant, Alassane Ouattara continue d'entretenir le suspens. Une situation qui fait peser des incertitudes, selon Fitch qui qualifie le scrutin d’octobre 2025 de « test important » pour la stabilité du pays. Bien que l’agence n’anticipe pas de désordre majeur de nature à altérer les perspectives de croissance ou l’assainissement budgétaire, elle demeure vigilante face aux « risques de troubles » liés au climat électoral.
Dans son analyse ESG, Fitch attribue à la Côte d’Ivoire un score élevé de « 5 » en matière de gouvernance, reflétant une fragilité persistante des institutions, de l’état de droit et de la lutte contre la corruption. La confirmation ou non de la note actuelle dépendra, selon l’agence, de la capacité du pays à assurer une transition politique pacifique tout en poursuivant ses réformes structurelles.

