Elles étaient une soixantaine au départ à avoir déposé leur dossier auprès des équipes Attijariwafa à travers le continent. Neuf d’entre elles sont passées devant un jury également trié sur le volet qui a rendu son verdict vendredi à Casablanca au Maroc, dans le cadre du 7e Forum international Afrique développement (FIAD). Au cours d’une cérémonie co-présidée par les présidents directeurs généraux de Al-Mada, fonds d’investissement et Attijariwafa Bank, les lauréats ont été dévoilés.
Le premier prix, trophée d’or, avec une enveloppe de 250000 dirhams marocains (environ 15,3 millions de FCFA) est revenu à Henri Diele, de la République du Congo, directeur général de Congo-Plast, start-up évoluant dans le secteur de la protection de l’environnement, et spécialisée dans le recyclage des déchets plastiques en meubles divers. Youssef Bouyakhf du Maroc a remporté le trophée d’argent avec son entreprise Deepecho, évoluant dans le domaine de la santé. Il empochera la somme de 200 000 dirhams marocain, soit 12,3 millions de FCFA à peu près. Quant à la 3e place, trophée de bronze, elle est revenue à la start-up camerounaise Iclan, une fintech co-fondée par Agborndang Joelle Ako et qui se focalise dans le secteur de l’éducation. Cette reconnaissance permet à la jeune pousse d’obtenir un financement de 100 000 dirhams (à peu 6,16 millions de FCFA) qui selon la jeune entrepreneure, permettra de se développer davantage pour mieux sécuriser le système de paiement des frais de scolarité au Cameroun.
Le jury de cette compétition, devant l’innovation des candidats a eu un coup de cœur pour Gaz tech, dirigée par Andress Paulinestie Bellina Loemaba du Congo et lui a accordé la somme de 50 000 dirhams (3 millions de F). Comme l’a rappelé le président du Fonds Al-mada, cette compétition vise à encourager les jeunes start-uppeurs à travers le continent, à stimuler l’émulation et à mieux les impliquer dans le processus de développement de l’Afrique. C’est pourquoi il leur été conseiller d’utiliser les fonds reçus pour se développer davantage et si possible étendre leurs activités sur le continent.
Outre les jeunes entrepreneurs, les opérateurs qui s’illustrent juste par leurs capacités à briser les barrières ont également été primés, via le trophée de la coopération Sud-Sud, parce qu’elles évoluent ailleurs que dans leur pays d’origine, créant des emplois partout sur le continent. Ici, le trophée Platinum a été décerné à Tidiani Ben Al Hussein, PDG de Star Oil, entreprise mauritanienne opérant dans le secteur pétrolier. Hassan Dakhlallah, ivoiro-libanais, CEO de Porteo BTP a reçu le trophée d’or et la marocaine Nouzha Tarrji, directrice générale de Energie Transfo, le trophée d’argent. Ces trois chefs d’entreprises ont été choisis parmi les neuf de la shortlist retenue après étude de 44 dossiers.
Prix du jeune entrepreneur : Des lauréats s'expriment
Ce projet m’encourage à faire plus
Agborndang Joëlle Ako, Co-fondatrice et Ceo de Iclan, 3e prix du trophée des jeunes entrepreneurs.
Comment vous sentez-vous après cette distinction ?
Je remercie Dieu pour cette opportunité. Je remercie AttIjariwafa Bank, merci à SCB Cameroun, à la fondation Al-mada pour cette opportunité. Je dis merci aussi au Pr Nalova Lyonga parce que c’est elle qui nous a donné notre première opportunité de faire ce projet, et à mon équipe au Cameroun parce qu’elle a contribué à différentes étapes.
Que représente ce trophée pour vous?
Ce trophée ce n’est pas seulement pour moi, c’est aussi pour toutes les femmes entrepreneures au Cameroun et en Afrique. Cette reconnaissance pour moi c’est le début. Ça m’encourage à faire plus, à digitaliser pas seulement le secteur éducatif, mais aussi explorer d’autres pistes, autant au Cameroun qu’en Afrique.
Vous avez reçu 100 000 dirhams, soit un peu plus de 6 millions de Fcfa. A quoi va servir cet argent ?
Cette enveloppe va me permettre d’investir davantage dans notre projet de paiement des frais de scolarité et on va aussi aider les jeunes dont les projets sont en phase d’incubation pour que nous grandissions ensemble.
Nous allons pouvoir acheter plus de machines
Henri Diele, directeur général de Congo-plast, premier prix du jeune entrepreneur de l’édition 2024 du FIAD.
En quoi consiste votre activité ?
Nous sommes une entreprise spécialisée dans la collecte et le recyclage des déchets plastiques. Nous les transformons en mobilier, en matériaux de construction, des tuiles, entre autres.
Que représente ce premier prix pour vous?
Ce premier prix représente l’accomplissement d’un travail que nous menons depuis quatre ans. C'est un très grand honneur d’être lauréat parce que c’était un concours très compétitif. Je remercie la fondation Al-mada et le président de Attijariwafa Bank pour cette initiative.
A quoi vont servir les 250 000 dirhams ( plus de 15 millions de FCFA) que vous avez reçus?
Nous avons financé notre entreprise sur fonds propres et à l’aide des subventions. Nous ne sommes pas à notre premier prix. Nous en avons gagné d’autres. Le mois dernier par exemple, nous avons gagné le challenge startupper à Brazzaville et avec ce prix nous pu acquérir des machines donc avec celui-ci, nous allons continuer la même démarche : acquérir plus de machines pour pouvoir augmenter notre capacité de collecte de matières plastiques. Depuis le début de notre activité nous avons pu recycler 3000 tonnes. Actuellement nous voulons atteindre les 10.000 tonnes d’ici 2026. Avec ce prix, nous allons pouvoir acheter plus de machines pour pouvoir renforcer notre collecte et accroître notre capacité de production pour attaquer principalement l’Afrique centrale.
Au moment où on parle de travailler de manière concertée et synchronisée sur le continent, pensez-vous à sortir du Congo?
Nous sommes en contact avec une entreprise qui fait déjà le même travail que nous au Cameroun. L'idéal c’est de pouvoir former une synergie et ensemble, en Afrique centrale, avoir un grand groupe de tout ce qui est dans la collecte et le recyclage de déchets plastiques.

