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Fret maritime : pourquoi Hapag-Lloyd procède à une augmentation de 40% de ses tarifs en zone Cemac

Selon des sources consultées par Ecomatin, les nouveaux frais de surcharge pour déséquilibre d'équipement (EIS), annoncés pour le 15 décembre prochain, s'appliqueront pour tous les conteneurs secs de 20 pieds expédiés d'Égypte vers l'Afrique centrale, notamment le Cameroun, le Gabon, le Congo et la Guinée Équatoriale.

Publiée vendredi 13 décembre 2024 à 16:00:00Modifiée vendredi 13 décembre 2024 à 12:52:23Temps de lecture 5 minPar Albert AMOUGOU

un conteneur Hapag-Lloyd en manutention
Un conteneur Hapag-Lloyd en manutention

À partir du 15 décembre prochain, Hapag-Lloyd prévoit augmenter ses tarifs pour les conteneurs secs de 20 pieds expédiés d'Égypte vers les pays de la CEMAC, notamment le Cameroun, le Gabon, le Congo et la Guinée Équatoriale et vers les pays d’Afrique de l’Ouest. Selon des informations obtenues par Ecomatin le 11 décembre, l'armateur allemand justifie cette hausse, par la mise en place de nouveaux frais de surcharge pour déséquilibre d'équipement (EIS), fixés à 700 dollars par conteneur sec de 20 pieds, en accroissement de 200 dollars par rapport aux frais actuellement en vigueur (500 dollars) soit une augmentation relative de 40%. « À compter du 15 décembre, la surtaxe sera de 700 dollars par conteneur sec de 20 pieds pour toutes les expéditions depuis les ports égyptiens vers diverses destinations en Afrique [centrale] et de l’Ouest. », martèle la source.

Lire aussi : Cemac : Maersk, CMA CGM, MSC… les taux de fret maritime continuent de faire des vagues

Selon elle, cette hausse des frais de surcharge s'explique par plusieurs facteurs concomitants. Tout d'abord, la période de pointe estivale, caractérisée par une demande accrue de conteneurs en direction de l'Afrique centrale, aurait exacerbé une pénurie de conteneurs déjà existante. Les difficultés à rééquilibrer les flux et à rapatrier les conteneurs vides vers l'Égypte, combinées à la congestion persistante dans les ports d'Afrique centrale et de l'Ouest, auraient ralenti les opérations et prolongé les délais de livraison, aggravant ainsi la pénurie. Par ailleurs, la volatilité des prix du carburant maritime, couplée à l'augmentation des pertes et des dommages sur les marchandises, a entraîné une hausse significative des coûts d'exploitation des armateurs. Ces derniers ont dû faire face à des coûts d'assurance plus élevés pour couvrir les risques liés à la détérioration des marchandises. L'indice mondial des conteneurs (WCI) illustre bien cette tendance, avec un pic de 8 267 dollars par conteneur en juillet 2024, avant de retomber légèrement à des niveaux proches de ceux observés en début d’année, soit environ 3 500 dollars. Hapag-Lloyd, comme d'autres acteurs du secteur, n'a pas échappé à ces pressions et a dû ajuster ses tarifs en conséquence.

Une hausse des frais généralisée

Cependant, la nouvelle surtaxe de surcharge annoncée par Hapag-Lloyd en CEMAC s'inscrit dans un contexte maritime particulièrement dynamique. En août dernier, l’armateur avait déjà procédé à un supplément du genre pour la saison de pointe (PSS) sur certaines liaisons, dont celles reliant l'Égypte à l'Amérique centrale, aux Caraïbes et à la côte ouest de l'Amérique du Sud. Cette nouvelle augmentation tarifaire, qui vient s'ajouter au PSS, intervient dans un contexte marqué par des défis sécuritaires persistants en Mer Rouge, entraînant notamment une hausse des coûts d'assurance et des détournements de navires. Par ailleurs, à la veille d'un remaniement majeur des alliances de transport maritime par conteneurs prévu pour février 2025, notamment avec la coopération Gemini entre Maersk et Hapag-Lloyd, les tensions sur les capacités pourraient s'accentuer, conduisant à une réévaluation des tarifs à la hausse. Les ajustements de réseaux et la recherche d'optimisation résultant de cette nouvelle alliance pourraient également impacter les coûts de transport du danois Maersk aussi actif dans cette zone.

Un défi lié aux infrastructures ?

Il faut noter que Hapag-Lloyd dessert régulièrement les ports de Douala, Kribi, Owendo, Bata et Pointe-Noire en Afrique centrale. Cependant, comme le souligne un classement de la Banque mondiale et de S&P Global Market Intelligence (2022), la majorité des ports du continent, y compris ceux d'Afrique centrale, souffrent de cycles de chargement-déchargement excessivement longs. Ces délais, souvent liés à des infrastructures portuaires vieillissantes et à un équipement obsolète, perturbent la chaîne logistique et augmentent les coûts de transport pour les entreprises. Malgré ces défis, des efforts sont déployés pour moderniser les ports d'Afrique centrale. Les projets d'extension et de modernisation en cours à Kribi (Cameroun) et Pointe-Noire (Congo), par exemple, visent à améliorer la compétitivité de ces plateformes et à renforcer leur attractivité pour les navires et les marchandises, contribuant ainsi au développement économique de la région.

Lire aussi : Transport maritime : au Cameroun, Maersk corse les règles pour les conteneurs frigorifiques vers Douala et Kribi

Rappelons que Hapag-Lloyd a récemment revu à la hausse ses perspectives financières pour l'exercice en cours, en raison d'une demande plus forte que prévu et de taux de fret à court terme élevés. Bien que les résultats préliminaires du premier semestre 2024 aient montré une baisse de l'EBITDA (Bénéfice Avant Intérêts, Impôts, Dépréciation et Amortissement) et de l'EBIT (Excédent Brut d'Exploitation) par rapport à la même période en 2023, atteignant respectivement 2 milliards de dollars et 900 millions de dollars, la société s'attend à une amélioration significative sur l'ensemble de l'année. En effet, Hapag-Lloyd prévoit désormais un EBITDA compris entre 3,5 et 4,6 milliards de dollars, soit une augmentation de 21,05% par rapport aux 3,8 milliards de dollars de 2023. De même, l'EBIT devrait atteindre entre 1,3 et 2,4 milliards de dollars en 2024, contre 2,8 milliards de dollars en 2023.

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