Le 10 novembre 2025, le gouvernement a déposé au Parlement, un projet de loi régissant la production biologique au Cameroun. Le texte définit ce concept comme un système de production végétale, animale, aquacole, apicole et forestière faisant recours à des pratiques soucieuses du respect des équilibres naturels, limitant strictement l’utilisation des intrants chimiques de synthèse et excluant l’usage des Organismes génétiquement modifiés (OGM).
Ce projet de loi définit la production biologique comme un système respectueux des équilibres naturels, limitant strictement l’usage d’intrants chimiques et excluant les organismes génétiquement modifiés (OGM). Il couvre un large éventail de spéculations : cacao, coton, café, fruits et légumes (avocats, mangues, gingembre, goyaves, piments, gombos, etc.), ainsi que des produits dérivés comme le miel, la cire d’abeille, le poivre et le beurre de karité. Cependant, le projet de loi déplore que « l’absence d’un corpus juridique encadrant les activités locales de production rend ces produits peu concurrentiels sur le marché international ».
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À titre d’illustration, le Cameroun a été suspendu d’exporter des crevettes vers l’Union européenne (UE) depuis 2004 en raison de manquements récurrents aux normes d’hygiène dans les procédures de capture, de manipulation et d’acheminement des fruits de mer. Plus récemment, en avril 2022, la Commission européenne en charge de la législation phytosanitaire a placé le pays sur la liste des États interdits d’exporter certains produits agricoles vers l’UE. Cette interdiction concernait spécifiquement des produits tels que les mangues, papayes, goyaves, poivrons, aubergines et tomates, qui avaient été exposés à des organismes de quarantaine de l’UE (certaines espèces de mouches).
La nouvelle loi vise plusieurs objectifs. Il s’agit notamment de : « valoriser les résultats de la recherche en matière de production biologique ; professionnaliser et protéger les opérateurs de la filière de l’agriculture biologique ; garantir la qualité des produits issus de l’agriculture, protéger les consommateurs contre la contrefaçon ; fixer les conditions de transport, de préparation, d’étiquetage, de stockage, de contrôle, de certification et de commercialisation des produits issus de l’agriculture biologiques, etc. ».
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Si elle est adoptée, la loi régissant la production biologique sera d’un fort impact sur les revenus d’exportation du Cameroun. Selon les données du Research Institute of Organic Agriculture (FiBl) et de la Fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique (Ifoam), le marché mondial a connu une croissance exponentielle avec une valeur estimée à 136 milliards d’euros, soit environ 89 216 milliards FCFA. Yaoundé pourrait donc profiter d' une bonne partie de cette manne. Il convient de souligner que cette nouvelle loi est introduite dans un contexte d'urgence sanitaire au Cameroun : le formol, une substance pourtant déclarée cancérigène, continue d'être utilisé de manière généralisée pour le mûrissement des produits, et ce, malgré les mesures gouvernementales, les avertissements répétés des médecins et les menaces des autorités administratives.

