Ernest Ndong Nguema est le nouveau Directeur général de Gabon Oil Company (Gab’Oil). C’est le troisième Directeur général nommé à la tête de cette entreprise publique en l’espace d’un an. Succédant à François Owono Messie, suspendu dans un contexte de scandale financier, Ernest Ndong Nguema prend les rênes d’une entreprise publique qui traverse une période particulièrement tumultueuse.
La compagnie est accablée par une dette colossale de 56 milliards de FCFA envers la Société gabonaise de raffinage (Sogara) et affiche des pertes cumulées de 10 milliards de FCFA sur trois exercices consécutifs, absorbant ainsi 90% du capital social de 11 milliards de FCFA à l'initial. A cela s’ajoutent des créances impayées de 29 milliards de FCFA envers la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), qui limitent sévèrement ses capacités d’autofinancement.
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Dans ce contexte, le défi pour Ernest Ndong Nguema est immense. L'ancien directeur des hydrocarbures au ministère gabonais du Pétrole devra restaurer la confiance auprès des partenaires publics et privés, tout en rétablissant une gouvernance transparente et rigoureuse. Pour y parvenir, il lui faudra prioriser l’assainissement des finances de Gab’Oil, renforcer les mécanismes de contrôle interne, et élaborer une stratégie à long terme afin de repositionner l’entreprise comme un acteur fiable et performant sur le marché pétrolier national et régional. Ses priorités incluront également la consolidation des performances financières et la réhabilitation de l’image de Gab’Oil. Pour ce faire, le nouveau DG devra non seulement s’appuyer sur une collaboration étroite avec les autorités publiques, mais aussi mobiliser des partenariats avec des acteurs privés pour insuffler des ressources et des idées nouvelles à une entreprise en difficulté.
Un héritage marqué par les scandales
Ernest Ndong Nguema arrive à la tête de Gab’Oil dans une période marquée par une série de scandales ayant entraîné la suspension de son prédécesseur, François Owono Messie, le 5 décembre dernier. Ce dernier est accusé d’avoir autorisé des décaissements frauduleux de plus de 55 millions de FCFA pour financer des activités liées à la récente campagne référendaire. Ces fonds, jugés illégaux, auraient servi à couvrir des frais de représentation, d’hébergement et de logistique pour le Président du Conseil d’administration (PCA), Landry Bongo Ondimba. Les deux hommes devraient se présenter devant la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (Cnlcei) dans les jours qui viennent.

