Les autorités gabonaises ont frappé un grand coup contre l'orpaillage clandestin. Du 15 au 19 juin 2026, une opération conjointe des forces de défense et du ministère des Mines a conduit au démantèlement d'un important réseau d'exploitation illégale d'or sur le site aurifère de Punga, dans la localité d'Eteki (province de la Ngounié). Baptisée « Ekura », l'opération s'est soldée par l'interpellation de 55 personnes, selon les autorités.
Parmi les personnes arrêtées figurent 28 ressortissants chinois, 21 Gabonais, trois Ghanéens, deux Camerounais et un Burkinabè. Sur place, les enquêteurs ont découvert une exploitation dépassant largement le cadre de l'orpaillage artisanal. « Les investigations menées sur le terrain ont mis en évidence une organisation particulièrement structurée, dotée d'importants moyens logistiques et d'équipements de pointe, laissant penser que cette exploitation clandestine était active depuis plusieurs années », a indiqué le ministère des Mines.
Lire aussi: Le Gabon veut porter la contribution du secteur minier au PIB de 6 à 25 % d'ici 2030
Les forces de sécurité ont saisi neuf véhicules, plusieurs engins lourds utilisés dans l'exploitation semi-industrielle, des moules destinés à la fabrication de lingots, des balances de précision, des armes à feu ainsi que près de 480 grammes d'or brut. Certaines des infrastructures découvertes laissent penser à une activité organisée à grande échelle, selon les autorités. L'opération met en lumière l'ampleur du trafic d'or au Gabon. Le ministère des Mines estime que près de 90 % de la production nationale échappe encore aux circuits officiels. Dès 2023, la Société équatoriale des mines (SEM) évaluait la production réelle du pays à environ deux tonnes d'or par an, soit près de cinq fois les volumes officiellement déclarés à l’époque. Selon les estimations gouvernementales, cette exploitation illicite provoquerait chaque année la sortie clandestine de une à deux tonnes d'or hors du territoire national, privant l'État d'importantes recettes fiscales et minières.
Vers une hausse de la production officielle
L'opération Ekura s'inscrit dans une stratégie plus large de reprise en main du secteur aurifère. Dans le cadre du projet de loi de finances rectificative 2026, les autorités tablent désormais sur une production officielle de 800 kilogrammes d'or, contre environ 400 kilogrammes les années précédentes.
Cette progression attendue reflète autant l'effort de formalisation du secteur que l'intensification de la lutte contre les réseaux clandestins. Selon les projections gouvernementales, ces 800 kilogrammes d'or pourraient générer près de 65 milliards de FCFA de valeur brute. Les premiers résultats semblent déjà perceptibles. D'après les données de la BEAC, les exportations officielles d'or du Gabon ont atteint 68,1 milliards de FCFA en 2024, contre 24 milliards un an plus tôt, soit une progression de 183 %.
Lire aussi: Gabon : les exportations d’or triplent à 68 milliards FCFA en 2024 grâce au rebond de la production

