Engagé dans un cycle baissier depuis 2022, le secteur gabonais de l’agriculture de rente amorce un timide redressement en 2025, malgré des fragilités persistantes. Selon la note de conjoncture du 4ᵉ trimestre 2025 publiée par le ministère de l’Économie, l’activité a progressé de 1,2%, « portée par les performances d’Olam Palm Gabon et la reprise progressive d’Agro Business Group (ABG, ex-SIAT) ».
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Dans le détail, les productions locales d’huile de palme et de caoutchouc ont respectivement augmenté de 1,1% et 2,4%, après trois années de contreperformances. Cette amélioration reste toutefois fragile dans la filière palmier à huile, dominée par Olam Palm Gabon, confrontée à une dégradation structurelle de ses rendements. Ceux-ci sont tombés à 2,5 tonnes par hectare, contre 3,1 tonnes/ha en 2022, sous l’effet du vieillissement des plantations et de la fermeture de sites clés, notamment Pangani (dans la localité de Mandji) et Moulia, en raison des intrusions récurrentes d’éléphants — près de 4,3 millions de palmiers ayant été détruits entre mars 2024 et mars 2025.
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Ces contraintes ont entraîné une baisse de près de 10% de la récolte nationale de régimes de palme en 2024, ainsi qu’un recul de 8,1% de la production d’Olam Palm Gabon, à 72 478 tonnes au premier semestre 2025. Néanmoins, la Direction générale de l’Économie indique que la tendance s’est inversée dès le troisième trimestre, avec un rebond de 53,2%, attribué à des « investissements stratégiques ».
Du côté du caoutchouc, la reprise reste plus hésitante. La filière a enregistré trois trimestres consécutifs de repli avant de rebondir au quatrième trimestre (+21,4%), en lien avec les difficultés d’Agro Business Group. L’opérateur évoquait en mars 2025 des perturbations liées à des grèves, des tensions sociales et une trésorerie fragile.
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Pourtant, en juillet 2024, l’État gabonais avait injecté 4 milliards FCFA en prenant 35% du capital d’ABG (soit 2,59 millions d’actions), afin de relancer l’entreprise, stabiliser l’outil de production et préserver l’emploi, notamment via l’apurement des arriérés de salaires et des dettes fournisseurs.
Dans ce contexte, la contre-performance d’ABG est en partie compensée par Olam Rubber Gabon (ORG), qui exploite 15 000 hectares et assure environ 55% de la production nationale de caoutchouc naturel. À titre de comparaison, ABG exploite près de 10 000 hectares, pour une production annuelle moyenne estimée à 22 000 tonnes de caoutchouc humide.
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