Au Gabon, l’encours de la dette publique est ressorti à 7 081 milliards de Fcfa à fin 2023 d’après le rapport sur l’« Exécution de la dette publique à moyen et long terme en 2023 » du ministère de l’Economie et des Participations. L’enveloppe a légèrement régressé de 0,7% par rapport à 2022 tandis que le niveau d'endettement lui, s’est dégradé de 3,9% pour s’établir à 58,2% du PIB du fait de « la progression plus rapide du PIB par rapport à l’évolution de l’encours », lit-on.
Ce ratio est en dépassement de 4,2% par rapport aux 54% du PIB initialement prévus par ce pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) en 2023. Ce qui est largement au-dessus d’un pays comme le Cameroun où le taux d’endettement a par exemple atteint 42,9% du PIB à fin mars 2024 malgré une hausse de 141 milliards de Fcfa (+1,1) de l’encours global ressorti à 12 714 milliards de Fcfa selon la Caisse autonome d'amortissement (CAA), le gestionnaire de la dette publique de l’Etat.
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Il convient de remarquer que le taux d’endettement déclaré par Libreville (capitale politique du Gabon) est largement inférieur à 70,5% du PIB noté par le Fonds monétaire international (FMI) en mai dernier. Cette institution de Bretton Woods prévoit d’ailleurs 73,1% du PIB en 2024 contre 78,9% en 2024. Par contre, le taux de croissance évoluerait en dents de scie sur la période indiquée. A en croire le FMI, il passerait de 2,3% en 2023 ; 2,9% en 2024 contre 2,7% en 2025. Si ces projections du bailleur de fonds venaient à se réaliser, l'on assisterait à une dette insoutenable de la part du Gabon dont le budget a été revu à 4 204,9 milliards de Fcfa dans la loi de finances rectificative de l'exercice 2024, en hausse de 602,6 milliards de Fcfa (+16,7%) comparés aux 3 602,3 milliards de Fcfa en 2023.
En d’autres termes, le Gabon aurait des difficultés à fonctionner avec ses propres revenus, se voyant cette fois-là obligé à souscrire à un nouvel emprunt pour pourvoir à la fois effectuer les dépenses nécessaires pour son fonctionnement et rembourser les dettes qui arrivent à échéance. Les investissements dans le développement des infrastructures ou encore les programmes sociaux prendraient alors un coup.
Résultats des courses, la dette s’alourdirait plutôt que de s’alléger. Toutefois, pour amortir le choc, le pays de Brice Clotaire Oligui Nguema pourrait par exemple faire recours aux mesures d’austérité. Celles-ci lui permettraient de diminuer ses dépenses et équilibrer son budget afin de réduire son endettement.
Au niveau de la structure de la dette, elle est composée de 61,5% (4 354,6 milliards de Fcfa). L’enveloppe est majoritairement détenue par la dette multilatérale (1 854,9 milliards de Fcfa), la dette bilatérale (787,9 milliards de Fcfa) et la dette commerciale (194,9 milliards de Fcfa). La dette intérieure de l’Etat gabonais a occupé les 38,5% de l’encours global soit 2726,4 milliards de Fcfa en 2023. A l’observation, le pays a capté plus de fonds sur le marché financier régional (1 936,8 milliards de Fcfa) que sur le marché financier international (1 516,9 milliards de Fcfa) en 2023.

