Les États-Unis, en partenariat avec Orion Resource Partners et le fonds souverain ADQ d’Abou Dhabi, ont lancé, le 23 octobre, un nouveau mécanisme d’investissement baptisé Orion Critical Mineral Consortium. Doté d’un capital initial de 1,8 milliard $ (environ 1 080 milliards FCFA), ce fonds ambitionne d’atteindre 5 milliards $ (plus de 3 000 milliards FCFA) pour soutenir le développement et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement mondiaux en minéraux critiques, notamment la potasse, le cuivre et le silicium. « Cette initiative marque un pas significatif vers la réduction de la dépendance vis-à-vis de la Chine et la construction d’un pipeline sûr d’investissements dans les minéraux essentiels à la prospérité américaine », a déclaré Ben Black, directeur général de la DFC (U.S. International Development Finance Corporation).
Le consortium ciblera des actifs miniers déjà en production ou proches de la mise en service, afin d’accélérer la disponibilité de ressources stratégiques pour l’industrie américaine. Cette approche reflète la volonté de Washington de combler le déficit de financement mondial dans le secteur des minéraux critiques, en soutenant des projets à fort impact économique et géopolitique. Objectif : diversifier les approvisionnements et réduire la dépendance vis-à-vis de Pékin, tout en consolidant les alliances économiques dans les zones minières émergentes.
La CEMAC parmi les cibles prioritaires
L’Afrique centrale figure parmi les cibles prioritaires de cette nouvelle offensive américaine. La DFC a déjà conclu un accord d’investissement avec Millennial Potash Corp. pour le développement du projet de potasse de Banio au Gabon, identifié comme une source stratégique d’engrais à faible coût pour l’Afrique et les Amériques. Selon une communication de Millennial, ce fonds pourrait être un souffle de développement stratégique. En parallèle, le projet de potasse de Kola, en République du Congo, fait également partie des discussions en cours. Au Cameroun, le producteur Lion Rock bénéficie d’un soutien indirect à travers Tronox, qui a récemment injecté 3 millions $ (près de 1,8 milliard FCFA) pour accélérer le développement du gisement de rutile de Minta, un minéral essentiel à la fabrication de pigments et d’alliages.
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Cette nouvelle dynamique s’inscrit dans la stratégie de long terme des États-Unis visant à reconstruire des chaînes d’approvisionnement résilientes en s’appuyant sur des partenaires jugés stables et alignés. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, Washington multiplie les accords bilatéraux avec des producteurs de premier plan – de l’Australie à la République démocratique du Congo – pour consolider son autonomie stratégique. Avec ce fonds de 5 milliards $, l’administration américaine ambitionne de replacer les ressources africaines au cœur de sa politique industrielle, tout en stimulant la coopération économique avec la zone CEMAC, riche en minéraux critiques et faible en potentiel de transformation locale.
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