Dans son dernier rapport sur le ‘’Baromètre économique de la CEMAC’’, la Banque mondiale souligne que le Gabon reste vulnérable aux perturbations du commerce mondial et aux tensions géopolitiques, des facteurs susceptibles de freiner la croissance de ses principaux partenaires tout en alimentant l'inflation et la volatilité des cours des matières premières. Ainsi, au-delà de ces menaces externes, l’institution de Bretton Woods exprime une vive inquiétude quant à la gestion des finances publiques. « Les risques en matière de situation budgétaire pourraient être aggravés par un programme de dépenses ambitieux dans des conditions financières tendues, de fortes pressions sur la dette et les perspectives de diminution des réserves de pétrole », prévient le rapport.
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Dans le même registre des risques, la Banque mondiale prévoit que les défis en matière de transport et d’énergie pourraient ‘’compromettre’’ les objectifs de croissance des exportations de bois et de manganèse. Cette analyse de l’institution financière n’est visiblement pas fortuite à la lecture des chiffres contenus dans la loi de finance 2026. Les dépenses d’investissement passent de 592,5 milliards FCFA en 2025 à 2 119,2 milliards FCFA soit une hausse vertigineuse de 1 526,7 milliards FCFA (+257,7 %) en un an. Par ailleurs, les dépenses de fonctionnement s’établissent à 3 696,9 milliards FCFA, en forte augmentation de 1 701,9 (+85,3 %). Paradoxalement, les recettes globales sont attendues en baisse de 4 % à 4 153,9 milliards FCFA, malgré l'optimisme de Libreville qui table sur une hausse de 65 % de ses recettes pétrolières à 1 288,1 milliards FCFA.
Perspectives mitigées
Entretemps, les perspectives macroéconomiques de la Banque mondiale sont mitigées pour les années à venir. Le pays devrait maintenir une trajectoire de croissance positive, avec un taux de 3,7 % en 2026, s'accélérant pour atteindre 4,1 % en 2027. Du côté des prix, après 1,4 % en 2025, l'inflation devrait se stabiliser autour de 2,1 % en 2026, restant ainsi sous le seuil communautaire de 3 %. L'inquiétude majeure réside dans la dégradation continue du solde budgétaire. Le déficit, estimé à -2,8 % du PIB en 2025, devrait s'accentuer pour atteindre -4,1 % en 2026, avant de franchir la barre des -5,1 % en 2027. Le niveau d'endettement du Gabon devrait se maintenant largement au-dessus du plafond de 70 % fixé par les critères de convergence de la CEMAC. Les projections de la Banque mondiale indiquent un taux de 74,9 % en 2025, suivi d'un pic à 81,6 % en 2026, pour redescendre légèrement à 79,5 % en 2027.
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Cette trajectoire budgétaire ravive les inquiétudes déjà exprimées par la Banque africaine de développement (BAD). Dans son ‘’Rapport pays ‘’ d'août 2025, la BAD rappelait que sur un objectif de mobilisation de 4 536,2 milliards FCFA pour son plan de développement 2024-2026, le Gabon n'avait capté que 34,67 % de ces ressources en 2024. Le gap à combler reste colossal : environ 2 963 milliards FCFA de déficit de financement (soit près de 987 milliards par an).
Afin de combler ce gap, la BAD a préconisé entre autres, la « de rationalisation des dépenses ». La Banque mondiale se situe dans la même lancée. Elle estime que « des efforts en matière d’amélioration de la gouvernance, la maîtrise des dépenses publiques et le renforcement du recouvrement des recettes seraient aussi essentiels pour permettre au pays d’atteindre ses objectifs de développement sous une trajectoire budgétaire viable ».
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