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Gabon : la Bicig plaide pour un assouplissement des conditions de refinancement sur le marché de la Beac

Sionle Yeo, le Directeur Général d'Atlantic Financial Group (AFG), maison-mère de cet établissement financier, a engagé son plaidoyer le 11 juillet dernier à Libreville.

Publiée jeudi 18 juillet 2024 à 14:00:08Modifiée jeudi 18 juillet 2024 à 20:48:03Temps de lecture 2 minPar Simon Pierre Mbarga

Le DG d'AFG Sionlé Yeo et le ministre gabonais de l'Economie Mays Mouissi

La Banque internationale pour le commerce et l'industrie du Gabon (Bicig – désormais AFG Gabon), filiale de la holding financière de Atlantic Group, n’est pas confortable avec les conditions de refinancement sur le marché de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac). Dans cette veine, Sionle Yeo, le Directeur Général d'Atlantic Financial Group (AFG), en a parlé, le 11 juillet à Libreville, au ministre gabonais de l’économie, Mays Mouissi.

« En réponse, apprend-on, Mays Mouissi a pris acte de ces préoccupations et s’est engagé à discuter de cette problématique avec qui de droit afin que les intérêts de tous ne soient pas impactées négativement. Il a également attiré l’attention du Directeur Général sur la nécessité pour la Bicig de : mener une vraie publicité sur les titres publics de façon à développer à terme un véritable marché secondaire ; améliorer son ratio de dépendance vis-à-vis des titres publics ; étendre son réseau d’agences aussi bien à Libreville qu’à l'intérieur du pays ».

Le plaidoyer de la Bicig intervient dans un contexte particulier. Car depuis 2022, la politique monétaire la Beac a mis en place une politique restrictive pour combattre les 20% de l’inflation d’origine monétaire dans la zone Cemac (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad). Cette politique a pris la forme des relèvements successifs des taux directeurs de la banque centrale pour freiner le refinancement des banques commerciales par la Beac ; la suspension des opérations d’injection de liquidité dans le système bancaire ; l’intensification des opérations de reprise de liquidité dans les coffres-forts des banques ; et plus récemment les émissions des bons Beac, pour ponctionner davantage de liquidité auprès des banques.

La nouvelle politique de la Beac, dont le but est d’assécher les banques pour durcir l’accès des agents économiques aux financements, s’est notamment traduite sur le marché des titres publics par une augmentation des taux d’intérêt exigés par les investisseurs. Selon le communiqué rendu public au sortir de la session du Conseil de surveillance de la Cellule de règlement et de conservation des titres (CRCT) de la Beac du 27 mars 2024, ces taux d’intérêt ont crû de 5,73% à 6,26% entre le 31 janvier 2023 et le 31 janvier 2024, en ce qui concerne les titres de courts termes appelés bons du Trésor assimilables (BTA). Cela correspond à une augmentation de 53 points de base sur une période d’un an. Les taux d’intérêts sur les titres de longues maturités, encore appelés obligations du Trésor assimilables (OTA), ont quant à eux progressé de 43 points de base sur la même période. En effet, ils sont ressortis à 9,24% au 31 janvier 2024, contre 8,81% un an plus tôt, selon les données officielles.

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