Le 21 janvier 2026, à la veille du 15e Sommet extraordinaire des chefs d’État de la CEMAC, le Gabon a annoncé son intention de mettre en œuvre un programme de croissance économique soutenu par le Fonds monétaire international (FMI). Bien que les modalités précises de cet accord restent à définir un mois après cette annonce, la perspective d'un retour de l'institution de Bretton Woods — après une suspension de cinq ans — suscite déjà un vif optimisme. Cette dynamique se traduit par un regain de confiance marqué chez les investisseurs, illustré par la récente progression des indicateurs financiers du pays sur les marchés internationaux.
Resserrement du spread
Dans un communiqué le 30 janvier 2026, le ministère de l’Economie et des Finances se félicitait déjà de ce que « les marchés ont accueilli avec satisfaction la volonté de conclure un programme avec le FMI ». Ainsi, l’indice le plus révélateur de ce regain de forme est le resserrement du spread, qui selon les experts cités par le gouvernement gabonais est la marge de risque entre les obligations souveraines du Gabon et celles du trésor américain. Cette marge « s’est rétrécie de 272 points de base pour atteindre 790 » en l’espace de 10 jours. Ce chiffre est historique : pour la première fois depuis 13 ans, le Gabon descend sous la barre symbolique des 1000 points.
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Dès le 21 janvier déjà, jour où le Gabon a annoncé la relance de sa collaboration avec le FMI, « les titres du Gabon figuraient parmi les meilleurs placements des marchés émergents » signalant que les investisseurs jugent désormais le risque lié au Gabon, « moins élevé » qu’auparavant. A cette date, les Eurobonds à échéance 2031 ont progressé pour la quatrième session consécutive s'échangeant alors à 84,04% de leur valeur nominale. Conséquence directe de cette hausse de prix : le rendement exigé par les investisseurs a baissé de 22 points de base à10,82%.
Hausse des obligations
Selon l’agence Reuters, « l’optimisme du marché quant à un éventuel programme du Fonds monétaire international a renforcé les obligations libellées en dollars du Gabon à échéance en février 2031, qui sont passées de 76,75 cents par dollar le 20 janvier à 86 cents mercredi » (18 février 2026, Ndlr). Alors qu'avant le 20 janvier, l'inquiétude poussait les investisseurs à brader leurs titres à perte par crainte d'un défaut de paiement. Ainsi, la dette gabonaise semble désormais attractive, portée par l'annonce d'un possible accord avec le FMI.
Programme avec le FMI : un impératif pour le Gabon ?
Pour Giulia Pellegrini, gestionnaire de portefeuille chez Allianz Global Investors cité par Reuters : « ce serait bien de les voir [le Gabon] réellement avancer avec un accord plus concret de principe avec le FMI ou des discussions plus tangibles. Nous attendons donc avec impatience le résultat de cette mission ». Au-delà de la confiance des marchés, un programme avec le Fonds améliorerait le profil de crédit du pays en fournissant des financements identifiables dans la mesure où, en décembre 2025, Fitch Ratings, a abaissé la note de défaut émetteur à long terme du Gabon de CCC à CCC- pour les devises étrangères, et de CCC à CC pour la monnaie locale, signalant une probabilité élevée de défaut.
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Si le plafond pays a été maintenu à B- sans perspective associée, l'agence a souligné une crise de liquidité aiguë résultant de déficits budgétaires en expansion, d'un accès contraint au marché régional de la CEMAC et d'un tarissement des financements extérieurs officiels. Ces contraintes structurelles menacent la capacité de l'État gabonais à mobiliser les 6 351 milliards FCFA nécessaires à son budget 2026 tout en honorant ses engagements auprès de ses créanciers internes et internationaux.
L'urgence est d'autant plus grande que, selon les analystes cités par Reuters : « le Gabon n'a pas accès aux marchés extérieurs » et « le financement intérieur devient également de plus en plus difficile en raison de la politique fiscale expansionniste insoutenable du pays ».
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Dans ce contexte de préparation, le ministre délégué au Budget, Marc Abéché, a reçu le 16 février l'ambassadeur de France, Fabrice Mauriès, une rencontre diplomatique qui « s'inscrit en prélude de la prochaine mission du FMI au Gabon ». Bien que le gouvernement garde le silence sur le calendrier, cette délégation est attendue à Libreville du 25 février au 6 mars d’après Reuters. Toutefois, si « des discussions techniques sont en cours », le porte-parole du Fonds précise que l'institution « n’a pas encore reçu de demande officielle du Gabon », laissant planer un dernier suspense sur la formalisation de ce soutien financier.
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