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Gabon : la SEEG mobilise 30 milliards FCFA pour apurer sa dette envers Karpowership

Face au risque de rupture, la SEEG bénéficie d’un prêt relais adossé à une levée de fonds sur le marché des titres publics pour régler une partie de sa dette.

Publiée mardi 21 avril 2026 à 18:08:16Modifiée mardi 21 avril 2026 à 18:47:43Temps de lecture 4 minPar Vicky BAGAL

Des centrales flottantes Karpowership au Gabon

Au Gabon, la crise entre la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) et Karpowership (KPS) semble prendre la voie de l’apaisement. L’opérateur public d’électricité prépare l’apurement partiel de sa dette fournisseur auprès du producteur turc, grâce à un prêt relais de l’État, a appris EcoMatin de sources concordantes. Le transfert de fonds, achevé en début de semaine, porte sur un montant de 30 milliards FCFA (environ 54 millions de dollars), préalablement levés sur le marché des titres publics par l’État gabonais. L’opération a été structurée par le groupe financier congolais L’Archer.

Lire aussi : Gabon : l’État engage 1000 milliards FCFA pour relancer la SEEG

Les fonds ont été mobilisés via des opérations mixtes d’OTA et de BTA, à court et moyen terme, aux taux moyens pondérés en vigueur. Selon nos sources, il s’agit d’un financement de transition – soulignant le caractère temporaire de l’opération – destiné à permettre à la SEEG de disposer de liquidités pour régler une « grande » partie de sa dette envers l’opérateur turc. L’entreprise publique aurait d’ailleurs déjà initié une autre opération de crédit pour rembourser l’État. Il s’agit d’un prêt syndiqué visant à mobiliser 30 milliards FCFA auprès des banques commerciales de la sous-région. À cet effet, la SEEG a engagé, il y a plusieurs mois, la certification de ses comptes pour les exercices allant de 2019 à 2025.

Lire aussi : Electricité : au Gabon, Karpowership menace de suspendre sa production face à 15 milliards FCFA d’impayés de l’Etat

« Sur les BTA comme sur les OTA, l’objectif affiché est une liquidation sous trois mois, une fois le remboursement de l’État par la SEEG intervenu. Le montage initial prévoyait un financement bancaire syndiqué de court terme au bénéfice de la société. En raison du temps nécessaire à la structuration de cette opération, une solution transitoire consistant en une levée de fonds par l’État sur le marché, suivie d’une mise à disposition des ressources à la SEEG, a été envisagée afin de couvrir les besoins immédiats de liquidité et permettre l’apurement de la dette envers Karpowership. L’État serait ensuite remboursé après la mise en place effective du financement syndiqué. », explique les sources proches du dossier.

Pour rappel, les tensions entre les deux parties avaient fait planer un risque de suspension de la production, en raison notamment des retards de paiement de la SEEG. Des médias gabonais rapportaient que Karpowership Global DMCC avait annoncé, dans un courrier daté du 17 mars 2026, sa décision de suspendre « la totalité de sa production d’électricité dès le mercredi 18 mars à 23h59, en raison d’impayés persistants ». Cette information avait toutefois été démentie par le directeur général de la SEEG, Steeve Saurel Legnongo, sur le plateau de la chaîne nationale, évoquant un acompte de 5 milliards FCFA déjà versé et des « accords d’entente ».

Lire aussi : Gabon : après 9 mois de tension, la SEEG accélère le raccordement aux centrales flottantes de Karpowership

Les relations entre les deux entreprises sont marquées par des différends depuis plusieurs mois. Fin 2025 déjà, un bras de fer opposait la SEEG à l’entreprise turque, ponctué de menaces de rupture de contrat et de vives polémiques autour de ce marché estimé à 1 000 milliards FCFA (installation et exploitation).

Dans ce contexte, le nouveau paiement de la SEEG devrait couvrir une part importante de la dette accumulée auprès de ce prestataire. Il permettrait ainsi de sécuriser une production de plus de 150 MW alimentant Libreville depuis début 2025 grâce aux centrales flottantes, dans un contexte de pénuries et de délestages récurrents. Accablée par une dette de plus de 150 milliards FCFA et un réseau vétuste, la SEEG peine encore à sortir de l’impasse, malgré les investissements annoncés et les mesures d’urgence engagées par le président Brice Clotaire Oligui Nguema.

Lire aussi : Pour résoudre son déficit énergétique, le Gabon exhume l’accord d’achat de l’électricité de Guinée Equatoriale

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