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Gabon : la stratégie du gouvernement pour dynamiser le secteur pétrolier en 2024

Avec une part de près de 50 % dans le PIB du Gabon, le pétrole représente 60 % des recettes fiscales et 80 % des revenus d’exportations du pays selon les données actualisées de la direction générale de l’Economie et de la politique fiscale. Aussi les autorités entendent-elles tirer le maximum de profits et de bénéfices de ce secteur en 2024 pour faire aboutir les nombreux projets de développement qu’a engagés le gouvernement.

La bonne santé du secteur pétrolier a amené les autorités gabonaises à décider de nationaliser les actifs d’Assala Energy en cette année 2024. De fait, après une performance record en 2022, année au cours de laquelle le pays a enregistré des recettes pétrolières de l’ordre 1138,7 milliards de Fcfa, en hausse de 91% par rapport à 2021, le pays surfe sur le comportement honorable de l’or noir sur le marché international, pour couvrir en partie ses besoins de financements et de trésorerie au cours de cet exercice. C’est ce qui a guidé la déclaration du président de la République du Gabon le 31 décembre 2023, lors de son adresse de fin d’année à la nation. «…Dans l’optique d’augmenter nos recettes, nous avons décidé de faire valoir les droits de préemption de l’État pour le rachat de la société pétrolière Assala», annonçait Brice Clotaire Oligui Nguema.

Depuis la fin de semaine dernière, notamment le 26 janvier 2024, ces ambitions ont été renforcées avec le déroulement d’une stratégie globale visant à doper l’ancrage gouvernemental dans le secteur, et à tirer plus de bénéfices dans les hydrocarbures. Le pays entend, en plus du contrôle par l’Etat gabonais des parts de la société Assala Gabon, permettre   le   développement   de   sociétés pétrolières détenues par des nationaux,  grâce  au renforcement de la   politique   de   préférence nationale dans l’attribution des champs pétroliers marginaux.

Dans la même veine, le gouvernement mettra en place une   véritable   politique   du contenu   local,   question de faciliter l’intégration   des   entreprises et  de   la   main   d’œuvre locales dans les processus de production des hydrocarbures. En matière de gouvernance, des actions de renforcement des sociétés sous-tutelle du ministère du Pétrole, seront entreprises dans le secteur aval et amont. Le gouvernement voudrait également finaliser le chantier de rénovation du corpus juridique et réglementaire du secteur pétrolier, grâce à la signature des textes d’application du Code des   hydrocarbures adopté depuis 2019.  

L’augmentation des capacités de stockage des produits pétroliers va également constituer un des chantiers prioritaires de l’action du gouvernement dans le secteur des hydrocarbures en cette année. Car, il est question à terme, de parvenir à une   plus   grande   autonomie dans la fourniture des produits pétroliers notamment en ce qui concerne le gaz domestique et naturel.

Compte tenu des opportunités et des enjeux que charrie le secteur en ce moment, l’Etat envisage de signer   au   moins   cinq   contrats   d’exploration,   de production et/ou d’évaluation technique pétrolière au cours de cet exercice.

Le déploiement de cet arsenal de mesures est dicté par les performances réalisées par le secteur pétrolier en 2022.  Pour mémoire en effet, outre l’augmentation de la production pétrolière nationale,  les résultats du pays ont été combinés à la hausse du prix du baril ainsi qu’à l’appréciation favorable du taux de change entre le dollar américain et le Franc CFA cette année-là. La direction générale des hydrocarbures souligne également que les recettes pétrolières ont amélioré leur part dans les recettes budgétaires de 14,7 points, pour s’établir à 48,4% en 2022.

Selon la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale du Gabon, au 31 mars 2022, les exportations de pétrole du pays sont passées en glissement annuel, de 389,1 milliards de FCFA en 2021 à 953,5 milliards de Fcfa. Une hausse de 145 % sur un an, attribuée à la hausse de plus de 60% des prix des bruts gabonais commercialisés à 98 dollars le baril. Une vague sur laquelle surfent les autorités en cette année où le baril de Brent, référence utilisée par nombre d’Etat, affiche un cours au-dessus de 80 dollars.

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