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Conjoncture

Gabon : le gouvernement de transition à l’épreuve de l’économie

Économistes, militaires et anciens barons des deux régimes successifs d’Omar Bongo et d’Ali Bongo ont fait leur entrée dans la première équipe gouvernementale de Raymond Ndong Sima le 9 septembre 2023 à Libreville.

Publiée samedi 16 septembre 2023 à 21:25:51Modifiée samedi 16 septembre 2023 à 21:26:40Temps de lecture 7 minPar Simon Pierre Mbarga

Raymond Ndong Sima Premier ministre de la Transition

Comme l’a indiqué le président de Transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema lors de son investiture le 4 septembre 2023, le gouvernement d’union nationale de 26 membres, désigné par Raymond Ndong Sima le 9 septembre 2023, est composé de personnalités «expérimentées et de personnes à la compétence avérée ». Le nouveau gouvernement est également issu des concertations menées par le CTRI pour donner à tous, « des raisons d’espérer à une vie meilleure.

Alternant jeunesse et vieille garde, il aura pour première mission, de doter le Gabon d’institutions fortes, démocratiques et crédibles. Il devra s’affairer à lutter contre la corruption et la mauvaise gouvernance, redresser l’économie, et redistribuer des richesses aux plus pauvres. Dans cet esprit, le haut-commissaire de la République, Marcel Abeke, ancien directeur général de la Compagnie minière de l’Ogooue (Comilog), fleuron de l’industrie minière du Gabon et filiale gabonaise d’Eramet, a été promu au poste de ministre du Pétrole.

Proche d’Omar et d’Ali Bongo, l’ex-directeur exécutif chargé du développement du groupe Eramet en Afrique, occupait depuis le mois de mars dernier, les fonctions de Haut-commissaire de la République du Gabon. Ce cadre du parti au pouvoir, originaire du Haut-Ogooué, est surtout très lié à Jean-Pierre Lemboumba Lepandou, ancien baron du régime sous Omar et Ali Bongo. Il devra mettre son expérience dans la gestion des affaires minières pour faire tirer plus de profits au gouvernement dans les contrats pétroliers. L’économie gabonaise dépend grandement des exportations de pétrole. Environ 200.000 barils de pétrole brut par jour sont produits dans le pays.

Lire aussi : Gabon : les défis qui attendent Raymond Ndong Sima

Autre ancien haut-commissaire de la République nommé, c’est Charles Mba au poste de ministre des Comptes publics. Ancien ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances, du Budget et de la Privatisation du Gabon de 2006 à 2009 et ancien sénateur sous Omar Bongo, passé à l’opposition entretemps, sa nomination fait dire à nombre d’observateurs avertis que le nouveau gouvernement a à cœur de rassurer les investisseurs et la communauté des partenaires extérieurs du Gabon. «C’est quelqu’un qui sait de quoi il parle. Il est très introduit dans les milieux financiers à l’international et sa figure seule suffira à redonner espoir aux marchés financiers pour la pérennité des relations entre le pays et les investisseurs», croit savoir une source introduite à Libreville.

Raymond Ndong Sima a confié le portefeuille des Travaux publics à un proche d’Ali Bongo, Flavien Nziengui Nzoundou. Le général Flavien Nzengui Nzoundou, qui fut officier d'ordonnance d'Omar Bongo et supérieur de Brice Clotaire Oligui Nguema auprès du chef de l'Etat est resté très lié au président de la Transition depuis ces années. Nzebi de Lebamba, province de la Ngounié, dans le sud du pays, Flavien Nzengui Nzoundou a été plusieurs fois ministre sous Ali Bongo. Ce dernier l'avait nommé en 2022, tout comme Michel Essonghe, haut-commissaire de la République afin d'apaiser les relations électriques entre les anciens barons d'Omar Bongo et le palais présidentiel.

Dans le rang des repêchés de l’ancienne équipe, promu dans le cabinet Ndong Sima, Herman Immongault, ancien ministre des Affaires étrangères sous Ali Bongo, au poste de ministre délégué à la Présidence, chargé de l’Intérieur et de la sécurité. Camélia Ntoutoume Leclercq, qui conserve son portefeuille de ministre de l'Éducation nationale au lendemain de son entrevue avec le président de transition, avec pour mission urgente, la suppression des droits d’inscription pour la rentrée scolaire du 18 septembre. Passée par Sciences Pô Paris, elle aura remis l’éducation sur les rails dans le pays comme l’attestent nombre d’observateurs. Raphaël Ngazouzet qui a occupé plusieurs postes ministériels sous Ali Bongo, passe à la Fonction publique.

Hervé Patrick Opiangah, opérateur économique, l’un des plus grands fournisseurs de la Comilog, fait pour la première fois partie d’une équipe gouvernementale au Gabon, et hérite du poste de ministre des Mines. Membre d’Alternance 2023, il était aussi réputé proche du palais de bord de mer sous Ali Bongo. Comme ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, le Premier ministre de Transition a nommé un proche de Guy Nzouba Ndama, ancien président de l’Assemblée nationale, Jonathan Ignoumba.

Dans la même veine, au rang des entrées dans cette équipe de 26 membres où seules trois femmes siègent, le colonel Maurice Tocui, proche du président de la Transition, s’occupe du ministère de l’Environnement. Mays Mouissi, un économiste et consultant basé à Paris, devient ministre de l’Economie. Ce dernier dont la pertinence des analyses ne laisse personne indifférent à Libreville, aura la charge de redonner à l’économie une trajectoire «plus forte, plus diversifiée, plus inclusive et résiliente».

Le brigadier-général Brigitte Onkanowa, l’une des femmes de l’équipe Raymond Ndong Sima, est quant à elle nommée ministre déléguée à la présidence en charge de la Défense. Un autre militaire, le Capitaine de Vaisseau Loïc Moudouma Dinga, devient ministre des Transports, de la marine marchande et de la mer. Au poste de ministre des Nouvelles technologies de l’information et la communication, porte-parole du CTRI, le lieutenant-colonel Ulrich Manfoumbi Manfoumbi.

L’ambassadeur du Gabon au Sénégal, Régis Michel Onanga Mamadou Ndiaye, a été nommé ministre des Affaires Etrangères. Mme Murielle Minkoue, épouse Mintsa, numéro 2 du gouvernement Ndong Sima est quant à elle, ministre de la Réforme des Institutions. L’opposant Paul-Marie Gondjout, devient ministre de la Justice, Garde des Sceaux, porte-parole du gouvernement. Ce cadre de l’Union nationale, parti d’opposition radicale à Ali Bongo, hérite d’un département ministériel sensible qui va, dans les prochains jours, jouer un rôle déterminant dans la restauration de l’état de droit et la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance.

Lire aussi : Gabon : qui est le Général Brice Clotaire Oligui Nguema le nouvel Homme fort du pays

Le Professeur Adrien Mongoungou, chirurgien urologue au CHU de Libreville, passe ministre de la Santé et des Affaires sociales. Un autre enseignant de haut niveau, Hervé Ndoume Essingone, expert en finance et professeur titulaire des sciences de gestion à l’Institut national des sciences de gestion de l’Université Omar Bongo de Libreville est promu ministre de l’Enseignement supérieur. Le directeur de la Sécurité Ferroviaire de la société d’exploitation du Transgabonais (Setrag), Ludovic Megne, lui aussi fait son entrée au gouvernement au poste de ministre de L’Habitat, DE L’Urbanisme et du Cadastre. Comme mission prioritaire, revoir les lois qui encadrent la gestion foncière au Gabon.

La quatrième femme du gouvernement, Solange Nguiakie, est le chef du département ministériel en charge du Travail et de la lutte contre le chômage. D’autres personnalités telles Jeannot Kalima, jusque-là secrétaire général du ministère de l'Énergie et des Ressources hydrauliques, en devient le chef de département. D’autres inconnus du grand public à l’instar du ministre du commerce, Patricia Djipano ou encore le ministre du Tourisme et de l’artisanat Pascal Ngowet Siffon, ont également fait leur entrée dans cette équipe.

Composé de 04 femmes, 03 repêchés de l’ancienne équipe, 23 nouveaux dont bon nombre sont connus du paysage politique gabonais et des nouveaux visages, le gouvernement Ndong Sima alterne expérience, expertise et dynamisme de la jeunesse. Si le président de la Transition a indiqué qu’il n’y a ni dans cette équipe pas d’opposition ni de majorité, reste que le PDG s’en tire avec pas moins de 12 postes tandis que la plateforme Alternance 2023 n’hérite d’aucun poste, en dehors de la Primature.

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