Un an après sa nomination au poste de Président-Directeur Général (PDG) de La Poste SA au Gabon, Jean-Eric Raynard Ndama a été suspendu de ses fonctions. L'annonce est contenue dans une décision de la ministre gabonaise de la Communication et des Médias, Laurence Ndong, publiée le 4 octobre et portant « suspension à titre conservatoire des fonctions de certains responsables de La Poste S.A ».
Ont été suspendus par la même occasion, les membres de son équipe de direction constituée d'une dizaine de cadres de ladite entreprise parmi lesquelles Gisèle Eyang Nze, la Directrice générale adjointe, Charles Dovoué, Secrétaire général, et Christ Kilingui, Directeur des services postaux et de la logistique entre autres. Il leur est reproché « une gestion opaque présentant des irrégularités de nature à mettre en péril La Poste SA », peut-on lire dans la décision du ministre.
Echec du plan de relance du PDG
Lors de l’installation de Jean-Eric Raynard Ndam en octobre 2023 par le Conseil des ministres, le ministre de tutelle entendait résoudre les problèmes de dysfonctionnements liés à la mal gouvernance qui ont précipité la société dans le gouffre. La principale mission de ce dernier était de proposer un plan de relance de La Poste SA afin d’assurer l’accroissement des ressources propres de la société et la sortir progressivement de la dépendance à la subvention de l’Etat. Ainsi donc, la mission qui lui a été confiée n’a pas été un succès.
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Il faut dire que ce n’est pas la première fois que l’entreprise fait face à cette situation. En 2020, l’ancien PDG Michael Adandé avait été poursuivi par la Direction générale des recherches et des renseignements généraux de la gendarmerie nationale pour « dépenses scandaleuses, inexistence de rapprochements bancaires, comptes sociaux non audités et non certifiés depuis son installation en 2015 ».
La Poste SA au bord du gouffre
Notons que La Poste gabonaise peine, depuis plusieurs années, à s’imposer sur le marché postal national, plombée notamment par la mauvaise gestion et une dette colossale. Seules 4 000 des plus de 9 000 boîtes aux lettres dont dispose La Poste sont occupées. Sa filiale, La Postebank quant à elle, est en faillite depuis plusieurs années en raison des difficultés opérationnelles, du manque de liquidité et d’énormes créances. Face à cette situation, le gouvernement gabonais de transition a décidé de lui venir en aide, en lui consacrant un budget de 13,7 milliards de Fcfa dans la loi de finances 2024. Sur cette somme, 10 milliards ont été destinés au remboursement des prêts, les 3,7 milliards de Fcfa restants ont servi à la restructuration de la structure, afin de la rendre plus performante et plus inclusive.

